Lassaad Ben Ahmed
26 Mars 2018•Mise à jour: 27 Mars 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Trois syndicats des enseignants appuyés par la synergie des travailleurs du Togo ont annoncé, lundi, des manifestations de rue à Lomé, samedi prochain, si jusque-là, leurs collègues arrêtés en marge d’une manifestation, il y a de cela deux semaines à Kara, ne sont pas libérés.
La décision a été portée par les syndicats en manifestation, lundi matin, devant le ministère des Enseignements primaires, secondaires et de la formation professionnelle dans une déclaration qui a sanctionné deux heure de sit-in, devant le ministère.
La déclaration demande au Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour «la libération de 4 enseignants membres des fédérations des syndicats des enseignants mis aux arrêts pour leur soutien à un des leurs, arrêtés par la cellule antigang de la gendarmerie de la localité.
«On les accuse d’avoir fait irruption dans la cour de la cellule antigang pour faire sortir un autre collègue abusivement arrêtés et interrogée par les agents de cette cellule», a expliqué Nadou Lawson, coordinatrice de la synergie des travailleurs du Togo–STT.
Pour elle, l’arrestation des enseignants est une violation des dispositions de travail de l’OIT, de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de l’article 6 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui dit en substance que «nul ne peut être privé arbitrairement de sa liberté ou nul ne peut être détenu ou arrêté arbitrairement».
La synergie veut changer de stratégie et passer à des manifestations de rue pour mettre la pression sur le gouvernement afin de l’écouter dans ces revendications.
Ces revendications initiales portent notamment sur le doublement de la valeur indiciaire, la réinstauration de l’indemnité de départ à la retraite et la prise en compte des revendications des secteurs comme la santé, l’enseignement, le ministère de la fonction publique, le pénitentiel, les greffiers.
Les manifestations de rue, c’est ce que le gouvernement togolais évite depuis le début du dialogue politique inter-togolais en obtenant de l’opposition un engagement de ne pas revenir dans les rues pendant que le dialogue cherche des solutions à la crise.
"Un jour de manifestations coûte des milliards à l'économie du Togo", a régulièrement soutenu le pouvoir de Faure Gnassingbé.
En annonçant qu’ils entendent manifester dans les rues, les enseignants mettent la pression sur le gouvernement togolais pour se faire entendre.
Au-delà, une annonce de cessation de travail jusqu'à nouvel ordre à compter du 3 Avril a aussi été communiquée au ministre des Enseignements primaires et secondaire du Togo, lundi.
Depuis le début de l’année, les élèves des centres d’enseignement publics du Togo ont vu leurs enseignants 3 mois de cours sur 6, soit juste à la limite des normes de l’Unesco.