Lassaad Ben Ahmed
08 Février 2018•Mise à jour: 08 Février 2018
AA/ Lomé / Alphonse Logo
Le front citoyen «Togo Debout» a annoncé, jeudi, dans «une déclaration aux Togolais» qu’il va exiger des différentes parties prenantes, lors du dialogue qui s’ouvre le 15 février à Lomé, que les pourparlers débouchent sur une transition politique indispensable à la mise en œuvre des accords qui seront conclus.
«L’ampleur de la crise exige l’ouverture indispensable d’une période transitoire», affirme cette déclaration. La publication de cette déclaration fait suite à une conférence-débat animée, la veille, sur les mêmes sujets.
Dans l’entendement du front citoyen Togo Debout, «il s’agit de mettre en œuvre impérativement un gouvernement de transition, pas un gouvernement d’union, qui aura comme mission la création des institutions justes pour le Togo et permettre le déverrouillage des institutions de la République».
«Un document de plaidoyer sera déposé sur la table des représentants des différentes parties de la crise au dialogue, de même que celle des médiateurs, le 14 février prochain», a annoncé à Anadolu Prof David Dosseh, coordinateur du front.
«Transition politique», cette question ne sera pas d’actualité au dialogue, selon Gilbert Bawara, un membre du gouvernement togolais cité par la presse locale.
Pour Gilbert Bawara se prononçant au nom du gouvernement, «il faut exclure toute transition à l’issue du dialogue. Il s’agira juste de s’entendre avec les acteurs politiques sur un texte constitutionnel consensuel à soumettre au référendum et en finir avec la crise».
Le front citoyen Togo Debout, soutient dans sa «déclaration citoyenne» le contraire pour une sortie définitive de crise.
Parce que, affirme le front, «le dialogue en soi n’est pas la finalité, mais il doit permettre d’aborder les vrais problèmes qui constituent des blocages et des handicaps au vivre ensemble harmonieux des Togolais».
A cet effet, le front citoyen Togo Debout envoie une mise en garde ferme aux autorités togolaises et aux partis politiques invités : «aucun compromis sur le dos du peuple ne saurait être accepté».
Rappelant les propos de Nelson Mandela, l’icône de la lutte anti apartheid et prix Nobel de la paix, à sa sortie de la prison «au bout du compte, nous devons nous souvenir qu’aucune loi ni aucun système ne peuvent venir à bout de ceux qui luttent pour la justice», le Front appelle la population togolaise à rester mobilisée et déterminée.
Cet appel concerne principalement une série d’actions dont un grand meeting d’information le 13 Février dans la capitale togolaise, pour contraindre le pouvoir et l’opposition à s’engager dans cette idée de transition politique, au terme du dialogue du 15 février.
Depuis 1990 date du début de la lutte pour la démocratie, c’est la 27e session de dialogue politique dans l’histoire du Togo. Pour le Front il ne doit plus en avoir après.
Togo Debout est une coalition d’une vingtaine des plus importantes organisations de société civile, dont la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme, et des citoyens engagés aux côtés du peuple.
Elle défend, depuis sa création en septembre 2017, le retour a la constitution de 1992, réclamée par l'opposition togolaise.
Mais elle réclame son indépendance et reste le seul regroupement de la société civile togolaise très active dans le travail de veille politique.