Esma Ben Said
04 Octobre 2017•Mise à jour: 04 Octobre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse LOGO
L’opposition togolaise a lancé un dernier avertissement mercredi au pouvoir de Faure Gnassingbé pour le retour à la Constitution originelle de 1992, l’effectivité du vote de la diaspora et la révision du cadre électoral.
Au point de chute de la grande mobilisation de ce mercredi dans la capitale togolaise, Kafui Adjamagbo-Johnson, la coordinatrice des forces démocratiques (une coalition de 14 partis politiques de l’opposition togolaise) a lancé un appel à Faure Gnassingbé, l’actuel chef de l’état, à "sortir de son silence pour donner une réponse aux demandes de l’opposition".
" Aujourd’hui c’est un ultime avertissement que nous leur lançons. Quand vous êtes père de famille et que les membres de la famille se révoltent, c’est votre devoir d’aller vers eux pour voir ce qui se passe. Nous sommes en train de lui envoyer un ultime avertissement aujourd’hui " a déclaré, face aux manifestatnts, Kafui Adjamagbo-Johnson.
" Si jusqu'à demain, nous n’avons aucune réponse de lui, nous exprimerons notre colère ", a ajouté Adjamagbo qui soutient que la stratégie du silence du gouvernement est de " trainer des pas jusqu'à ce que l’opposition s'épuise".
Jean Pierre Fabre, chef de fil de l’opposition a, quant à lui, réaffirmé son engagement à mettre fin à " 50 ans de règne de la famille Gnassingbé au pouvoir au Togo ". Il a demandé aux populations de sortir encore massivement jeudi pour " sonner la fin de la récréation ".
" Plus de la moitié de Lomé qui compte plus de 2 millions d’habitants ", selon Gerry Taama, le président du Nouvel Engagement Togolais ont manifesté ce mercredi à Lomé pour exiger " le retour à la constitution de 1992, en toute opposition au référendum sur le projet de réformes constitutionnelles dont le gouvernement est porteur".
Face à cette situation, l’Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), ainsi que le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), ont appelé " le gouvernement à fixer une date pour l'organisation du référendum sur le projet de loi constitutionnelle ", d'après une déclaration commune dont Anadolu a reçu copie.
Les trois parties appellent " le gouvernement à fixer une date pour l'organisation du référendum sur le projet de loi constitutionnelle " en encourageant " l'opposition à saisir cette occasion pour faire avancer les réformes constitutionnelles ".
Le communiqué conjoint appelle, par ailleurs, les acteurs politiques togolais à poursuivre le dialogue sur " cette question importante de manière pacifique, conformément aux aspirations légitimes du peuple togolais ".
La version originelle de la Constitution voté le 27 Septembre 1992 à une majorité écrasante avec près de 98% des suffrages exprimés avec un taux de participation inédit de plus de 74 %, avait été, dix ans plus tard, modifiée en plusieurs articles par l’Assemblée Nationale (Composée à près de 100% des membres du parti RPT au pouvoir).
L'Assemblée à notamment fait sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel (art. 59) permettant ainsi au président Eyadema Gnassingbé (décédé depuis) de rester au pouvoir 38 ans au total.
Depuis le 19 Août 2017, l’opposition fait du retour à cette Constitution son crédo.
De son côté, le gouvernement a proposé des réformes constitutionnelles et institutionnelles conformément à l’Accord Politique Global de 2006 (impliquant une limitation de mandats), mais qui ne satisfont pas pour autant l'opposition, qui dénonce la non-rétroactivité de ces réformes.