Esma Ben Said
22 Août 2017•Mise à jour: 22 Août 2017
AA/Lomé/ Alphonse Logo
L’opposition togolaise a appelé mardi la population à observer une journée sans activité vendredi pour exiger la "libération immédiate et sans conditions, des personnes arrêtées lors des manifestations des 19 et 20 Août 2017".
"Toute la population est appelé à cesser toute activité professionnelle et économique toute la journée du vendredi 24 Août 2017 de 6 heures à 18 heures et de rester chez soi (...) la mobilisation va reprendre jusqu'à satisfaction de nos revendications", a déclaré lors d'une conférence de presse, Adjamagbo-Johnson, présidente de la Coalition pour l’alternance pacifique CAP2015, coalition dont est membre le chef de fil de l’opposition togolaise M. Jean Pierre Fabre.
"Nous voulons montrer à travers cet acte un signal au peuple et lui faire comprendre que nous sommes désormais ensemble pour que la flamme de la mobilisation soit maintenue", a-t-elle ajouté.
"Des dizaines de nos militants ont été arrêtés et déférés dans les prisons du Togo à Lomé, à Kara, à Anié et Sokodé. Nous sommes informés qu’ils sont torturés et nous exigeons leur libération", a déclaré pour sa part M. Tckatikpi Ouro-Djikpa, Conseiller du Parti National Pafricain (PNP-opposition) lors de la même conférence.
Le PNP, entend réclamer à travers cette journée "Togo-Mort", "l’arrêt immédiat des persécutions, des arrestations, des poursuites et des violences à l’encontre des militants et dirigeants du Parti, la mise sur pied d’une Commission d’enquête internationale indépendante pour déterminer les responsables des violences perpétrées contre les populations civiles aux mains nues lors des manifestations des 19 et 20 Août 2017’", a-t-il déclaré.
"Nous sommes ici pour tisser la corde qui va nous amener et amener la libération et l’alternance dans notre pays", a ajouté Ouro-Djikpa.
Le conseiller a précisé qu'une large consultation sera engagée mardi soir avec les autres forces de l’opposition togolaise pour "élargir la base de la mobilisation".
Cet appel n'a pas été commenté par le pouvoir.
Des milliers de manifestants ont répondu, samedi, à l'appel du PNP pour exiger le rétablissement de la Constitution de 1992 et exigé, en outre un mode de scrutin à deux tours, une recomposition de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale.
Mais la manifestation a été dispersée par les forces de l'ordre qui ont lancé des grenades lacrymogènes.
S'exprimant dimanche soir sur la télévision d'Etat, le directeur général de la police,Têko Koudouwova, a déploré "deux morts et plusieurs blessés dont 57 du côté des forces de sécurité et 20 du côté des manifestants", lors des échauffourées qui ont éclaté dans plusieurs villes togolaises.