Afrique

Togo : des opposants devant le procureur, mardi

- Arrêtés tous par des agents du service des renseignements de la gendarmerie nationale togolaise, ils sont tous du Parti national panafricain (PNP) de l’opposant Tikpi Atchadam qui a appelé à manifester le 13 avril.

Lassaad Ben Ahmed   | 22.04.2019
Togo : des opposants devant le procureur, mardi

Togo

AA / Lomé / Alphonse Logo

Des cadres de l'opposition togolaise, arrêtés et jetés en prison la semaine dernière, « seront présentés mardi devant le procureur qui précisera ou requalifiera de manière précises les charges retenues contre eux », a confié, lundi matin à Anadolu, Jil Bénoit Afangbédji un de leurs avocats-conseils.

Joint au téléphone, Jil Bénoit Afangbédji a affirmé que lors de l’inculpation de Gueffé Nouridine, Kéziré Azissou et Ouro Dzikpa Tchatikpi, il est retenu contre eux des charges comme « rébellion, non-respect de la décision de l’autorité leur interdisant de ne pas manifester sur certains lieux, et le non encadrement de ces manifestations qui ont occasionné, par la suite, des troubles à l’ordre public ».

« Mardi, nous serons devant le procureur qui a la latitude de confirmer ces charges ou de les requalifier » a précisé Afangbedji.

Arrêtés tous par des agents du service des renseignements de la gendarmerie nationale togolaise, ils sont tous du Parti national panafricain (PNP) de l’opposant Tikpi Atchadam qui a appelé à manifester le 13 avril pour exiger une application intégrale de la feuille de route de sortie de crise de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).

La Cedeao, qui assure la facilitation dans la crise politique togolaise, consacre les réformes constitutionnelles et institutionnelles avec limitation du mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois.

Ouro Dzikpa Tchatikpi, conseiller de Tikpi Atchadam, et animateur principal de la vie intérieure du parti depuis que son président a fui le pays en octobre 2017, est le dernier à être arrêté samedi, une semaine exactement après la marche du 13 avril, dont la répression a fait un mort et plusieurs blessés à Bafilo (centre).

En dehors des cadres du PNP, 20 militants du parti et 3 préposés à la sécurité du domicile de Tikpi Atchadam, président du parti, ont aussi été arrêtés depuis le 13 avril par la gendarmerie nationale togolaise.

Loin de s’indigner pour l’heure, le parti a appelé, dans un communiqué signé du secrétaire général Kossi Sama, ses militants « au calme habituel, à la retenue et à rester fidèle au principe de non-violence qui est la base de l’action de leur président ».

Dans l’opposition, l’indignation est totale. Brigitte Kafui Adjamagbo, la coordinatrice de la coalition accuse le Gouvernement, dans un communiqué, de « vouloir décapiter le parti national panafricain, PNP, et par la suite toute l'opposition togolaise ».

Il est clair, soutient-elle que "le pouvoir, plus que cinquantenaire, veut profiter des dissensions passagères et inconséquentes qu’il a sus d’ailleurs alimenter à dessein au sein de l’opposition, pour enrayer toute forme de résistance et restaurer la dictature rejetée avec force par les Togolais".

Elle met en garde contre ces abus « destinés à étouffer la lutte pour l’alternance démocratique » et appelle, à nouveau, à une union sacrée de toute l’opposition et de la société civile togolaise « pour poser les bases solides de l’alternance politique au Togo en 2020 ».

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