Lassaad Ben Ahmed
22 Avril 2020•Mise à jour: 22 Avril 2020
AA / Peter Kum
Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N'Djamena, Youssouf Tom, a fait le point sur la mort de 44 membres présumés de Boko Haram dans une cellule de la gendarmerie à N’Djamena.
Le procureur s’exprimait dans un entretien publié, mercredi 22 avril, au journal tchadien en ligne, Alwihda Info.
Face à la presse au lendemain de ce drame, Djidda Oumar Mahamat, le président la Commission nationale des droits de l’homme au Tchad (CNDH), a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « établir les responsabilités ».
D’après le procureur de la République « seule l’enquête » en cours pourrait déterminer comment une substance toxique s’est retrouvée dans la cellule de légion de gendarmerie n°10 de N’Djamena, où 58 membres de Boko Haram étaient détenus, dont 44 sont morts en une seule nuit.
Ces combattants de Boko Haram arrêtés au cours des opérations militaires qui ont eu lieu fin mars dans la région du Lac Tchad, étaient transférés à N’Djamena mardi 14 avril et ils se sont entretenus avec le procureur le même jour dans leur lieu de détention en attendant l’ouverture de l’enquête, jeudi dernier.
« Le jeudi, la cellule antiterroriste devait commencer les investigations. Mais malheureusement, ce même jeudi, arrivé au bureau le matin comme aujourd'hui, on m'appelle au téléphone pour me signifier qu'il y a un drame dans les locaux de détention des 58 présumés membres de Boko Haram. Quel drame ? On me dit que 44 d'entre eux ont rendu l'âme la nuit. C'est vraiment abracadabrant. Nous étions tous estomaqués, tombés des nues. Ça m’a obligé à quitter mon bureau pour me déplacer dans les locaux de la légion n°10 de gendarmerie où ils sont détenus », a relevé le magistrat.
Le résultat de l'autopsie effectuée sur un échantillon de quatre corps a « révélé qu'il y a des substances ionisantes » et « pour certains, les poumons étaient carrément carbonisés », a souligné le procureur ajoutant que les examens sont en cours. D’après le magistrat, les 14 autres combattants de Boko Haram sont «quand même bien portants».
Pour rappel, l'armée tchadienne avait lancé, fin mars, une opération militaire d'envergure dans le Lac Tchad, en représailles pour la mort d'une centaine de soldats tchadiens lors d'une opération menée par les combattants de Boko Haram contre une position de l'armée tchadienne dans la localité de Boma.
L'opération "Colère de Boma", dirigée par Idriss Déby Itnoen personne s'est soldée par l'élimination d'un millier de combattant Boko Haram et l'arrestation de 58 autres. 44 parmi ces derniers ont été retrouvés morts dans leur lieu de détention.