Nadia Chahed
29 Août 2020•Mise à jour: 30 Août 2020
AA/Tunis
Plus de 360.000 personnes ont été forcées à se déplacer à cause des inondations et de l’insécurité dans la province tchadienne du Lac, soit plus de la moitié de la population de cette région, a annoncé vendredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L’OIM estime exactement à 363.807 le nombre de personnes actuellement déplacées dans certaines parties de cette province tchadienne limitrophe du Cameroun, du Nigéria et du Niger, précise l'ONU dans un communiqué publié sur son site.
Ces nouveaux chiffres reflètent une augmentation de 22 % du nombre de personnes déplacées par rapport au précédent tableau de bord publié en avril 2020. Il s’agit du nombre de déplacés le plus élevé enregistré dans cette province depuis que l’OIM a mis en œuvre la matrice de suivi des déplacements dans la région du Bassin du Lac Tchad qui s’étend sur les territoire du Tchad, du Niger, du Nigéria et du Cameroun, souligne la même source.
Entre le 8 et le 16 août 2020, presque 12.000 personnes ont été déplacées vers les départements de Fouli, Kaya et Mamdi dans la province du Lac. Il s’agit d’un des chiffres les plus élevés jamais enregistrés par l’OIM sur une période aussi courte. Parmi elles, 36 % ont été déplacées à la suite d’inondations et 64 % en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire.
« C’est une tendance inquiétante car les déplacements sont devenus non seulement récurrents, mais aussi nombreux et prolongés en raison de la détérioration de la situation sécuritaire et environnementale », explique Anne Kathrin Schaefer, Représentante de l’OIM au Tchad.
En plein pandémie de Covid-19, le bassin du Lac Tchad se retrouve confronté à une double crise sécuritaire et environnementale. Depuis 2015, la région est la cible d’attaques répétées de groupes armés non étatiques qui affectent le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigéria et qui ont forcé des millions de personnes à travers les quatre pays à fuir leurs foyers, note l'ONU.
Par ailleurs, la province du Lac a enregistré, cette année, les précipitations les plus abondantes depuis près de 30 ans. Selon le cluster de sécurité alimentaire, la région enregistre déjà 400 millimètres de pluie alors que les averses continuent, indique l'ONU.
« C’est pourquoi nous assistons à l’inondation soudaine de villages et de champs, ce qui provoque le déplacement de milliers de personnes », explique Mouftah Mohamed, chef du bureau de l’OIM à Bagassola dans la province du Lac.
En raison de l’instabilité régionale, la mobilité dans cette province tchadienne se caractérise par différents schémas, notamment le déplacement interne, le retour de ressortissants tchadiens de l’étranger et la mobilité des ressortissants de pays tiers tels que les pêcheurs des pays voisins qui cherchent à se protéger des attaques, précise enfin l'ONU.