Esma Ben Said
14 Novembre 2017•Mise à jour: 14 Novembre 2017
AA/N'Djamena/Mahamat Ramadane
Les juridictions tchadiennes ont repris mardi leurs activités, après une grève de près d'un mois déclenchée par les magistrats, a appris Anadolu auprès des syndicats des concernés.
Les magistrats étaient en grève depuis le 16 octobre dernier. Ils déplorent l'indifférence des autorités face à leurs revendications, relatives notamment au financement et à l’organisation des élections du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont le mandat des membres est arrivé à terme depuis novembre 2016.
Les magistrats exigent également le paiement de leurs primes de rendement de l’année 2016 et le remboursement des 80% de leurs indemnités amputées par le gouvernement dans le cadre de mesures d’austérité.
Mais lundi, à l'issue d'une Assemblée générale, les bureaux du Syndicats des Magistrats (SMT) du Tchad et du Syndicat Autonome des Magistrats Tchadiens (SYAMAT) ont appelé les magistrats à reprendre le service dès mardi, le temps d'accorder au gouvernement un délai jusqu'au 4 décembre prochain pour qu'il puisse satisfaire leurs doléances, selon un communiqué conjoint.
- Pression des avocats et des organisations de la société civile
Tout au long du bras de fer entre les syndicats des magistrats et le gouvernement, les avocats des justiciables et les organisations de défense des droits de l’homme, n’ont pas cessé de dénoncer et d’attirer l’attention des autorités en charge de la justice, quant aux préjudices que cause cette grève et le silence du gouvernement.
Les avocats ont salué la reprise de service des magistrats et appellent les deux parties à continuer à dialoguer au profit de la justice.
« La justice est comme la santé, sans elle, la république et les citoyens souffrent énormément. Cette grève a causé beaucoup de tort aux citoyens et a privé la liberté à plus de 2 mille personnes pendant plus de trois semaines. Ce qui n’est pas admissible dans un pays de droit. Nous espérons que cette reprise de service des magistrats mettra définitivement fin aux sévices des justiciables qui attendent la justice en prison. » a indiqué à Anadolu, Me Don Mathias, avocat au barreau de N’Djamena.
Gestes d’apaisement des autorités
Le ministre tchadien de la justice, Ahmat Mahamat Hassan, a annoncé lundi, le déblocage des fonds pour le paiement des primes des magistrats, l’une des revendications des syndicats, et promet de donner très bientôt suite aux autres revendications, notamment l’organisation des élections pour le renouvellement du bureau du conseil supérieur de la magistrature.