Fatma Bendhaou
07 Avril 2022•Mise à jour: 07 Avril 2022
AA/Peter Kum
La plateforme Wakit Tama qui regroupe la société civile, les syndicats et certains partis politiques de l’opposition au Tchad a annoncé, mercredi, suspendre toute négociation avec la junte au pouvoir, relative au dialogue national prévu dans un mois à N’Djamena.
« Wakit Tama annonce la suspension de toute négociation relative au dialogue avec la junte et son gouvernement », a souligné dans un communiqué, mercredi, Max Loalngar, le coordonnateur de la plateforme.
La plateforme reproche à la junte notamment « l’enlisement du pré-dialogue de Doha » avec les 52 groupes armés, « la prédominance de violence au sein des forces de défense et de sécurité, (…) et les violations systématiques des droits humains ».
Max Loalngar a, aussi, évoqué l'insécurité persistante, l'absence de justice, le manque de clarté pour le dialogue, la cherté de la vie et l'absence de volonté politique.
« Comment comprendre qu’après trois semaine de grève des magistrats que les agents de sécurité à l’origine des traitements inhumains et dégradants des magistrats n’aient toujours pas été livrés pour être jugés ? Pourquoi est-ce que les militaires qui ont tiré sur les populations à Abéché les 24 et 25 janvier dernier n’ont toujours pas été présentés au juge ? Que dire des auteurs des massacres du 9 février à Sandana ? », s’interroge Loalngar.
« Le refus d’engager une réflexion pertinente dans la programmation du dialogue national dévoile clairement l’intention de biaiser cet exercice capital pour le futur de notre patrie. C’est fondamentalement cette duplicité qui explique l’enlisement actuel du pré-dialogue de Doha avec la sortie remarquable du CCMSR », a souligné le coordonnateur.
La plateforme Wakit Tama a, aussi, lancé un appel aux Tchadiens « à se préparer à des actions gigantesques qui seront coordonnées et ciblées dans les jours à venir ».
Le dialogue national inclusif promis il y a un an par le président de transition au Tchad, le général Mahamat Idriss Deby, entre les militaires au pouvoir, l’opposition politique et armée et la société civile risque d’être compromis si les principaux groupes armés ainsi que la plateforme Wakit Tama, n’y participaient pas le 10 mai prochain.
Il faut rappeler que l’un des mouvements politico-militaires, le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) a annoncé lundi 4 avril courant, dans un communiqué, son retrait du pré-dialogue entre les groupes politico-militaires et la junte tchadienne qui se tient à Doha, au Qatar.
Le CCMSR a déploré « la non élucidation relatif à l’agenda du système de la junte militaire » au Tchad.
Lancé quelques semaines après la prise du pouvoir en avril dernier par le président du Conseil militaire de transition du Tchad, ce dialogue national a pour but de trouver avec tous les citoyens, des solutions pérennes aux problèmes qui minent le pays.
Ce dialogue national inclusif est aussi censé réconcilier les Tchadiens et conduire à des élections présidentielle et législatives.