Lassaad Ben Ahmed
10 Octobre 2018•Mise à jour: 11 Octobre 2018
AA / Tunis
Au terme d’un entretien de plus de deux heures avec le président tchadien, Idriss Déby Into, la ministre française des Armée, Florence Parly, a exprimé ses inquiétudes « de la menace que font peser plusieurs mouvements rebelles tchadiens en pleine recomposition dans le sud de la Libye ».
C’est ce qu’a rapporté le site de référence tchadien « Alwihda info », tard dans la soirée de mardi.
Florence Parly, en visite au Tchad lundi et mardi, a également exprimé le renouvellement de la confiance de la France à Idriss Déby Into Face à la menace que présentent ces groupes armés sur le pouvoir de N’Djamena.
« La déstabilisation du régime par des mouvements rebelles pourrait entraîner le chaos dans la sous-région, mise à rude épreuve par des attaques terroristes au Niger, au Nigeria, dans la partie septentrionale du Cameroun, l'instabilité dans le sud de la Libye et au Nord de la RCA », a commenté le média tchadien.
Parly a rassuré Déby « du soutien inconditionnel de la diplomatie militaire française en vue de pérenniser le pouvoir de celui qui est considéré comme le gendarme de l’Afrique ».
Lors de sa visite, la ministre française s’est rendue dans les campements de la force française Barkhane, qui compte 4500 militaires et dont le quartier général est basé dans la capitale tchadienne.
Dans un communiqué rendu public le 8 octobre, le ministère français des Armées avait souligné que l’objet de la visite de Florence Parly au Tchad consiste à faire le « point de situation sur les opérations menées par les armées françaises au Sahel et marquer le soutien de la France à la montée en puissance de la force conjointe du G5 Sahel ainsi qu’à ses partenaires africains et en particulier tchadiens qui combattent les réseaux terroristes aux côtés de nos forces».
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée de la ministre française des Armées dans la région sahélo-saharienne qui l’a conduite les 19 et 20 juillet au Niger et au Burkina Faso, pays également concernés par l’opération Barkhane et celle du G5Sahel.
Pour rappel, une localité située dans le nord du Tchad, Kouri Bougri, a été la cible, le 11 août dernier, d’une attaque d’un groupe armé hostile au pouvoir de N’Djamena, venu de Libye.
Laquelle attaque a été repoussée par l’armée tchadienne et une opération de « nettoyage » a été menée par l’armée fin août et début septembre, sans donner aucun bilan officiel.
Le Tchad fait partie des cinq pays constituant la force G5Sahel, au même titre que le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Le poste de commandement de cette force était basé à Sévaré, au Mali, avant d'être attaqué fin juin dernier. Il a été déplacé à Bamako en septembre dernier.