Lassaad Ben Ahmed
29 Avril 2018•Mise à jour: 29 Avril 2018
AA / N’Djamena / Mahamat Ramadane
Les partis de l’opposition ont appelé leurs militants, dans une Déclaration conjointe samedi, à boycotter le projet de la nouvelle constitution soumise à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle.
«Réunis le 28 avril, les partis politiques de l’opposition ont fait le constat qu’après 28 ans de règne sans partage et d’asservissement de la population, le président Idriss Deby Itno est passé à la vitesse supérieure pour imposer une constitution qui fait de lui le monarque absolu», précise la Déclaration conjointe de l’opposition faite à la presse.
L’opposition souligne qu’en dépit de la réprobation générale suscitée par son initiative unilatérale et illégitime de tailler les institutions de la République à sa mesure, Idriss Deby, enjoint l’Assemblée nationale à adopter sa constitution.
«Et pourtant, le peuple tchadien dans son ensemble n’ignore pas que le parlement actuel, dont le mandat a pris fin en juin 2015, n’est ni compétent, ni légitime dans de tel contexte», précise la Déclaration.
Et le texte d'ajouter que «dans le fonctionnement normal d’un Etat de droit, l’adoption d’une nouvelle constitution n’est pas une affaire banale pour être confiée à l’Assemblée nationale, seule, quel que soit sa nature».
Par ailleurs, les partis politiques de l’opposition ont appelé leurs militants et sympathisants à se rendre massivement à l’Assemblée nationale le 30 avril, pour encourager les députés à "refuser l’imposture en rejetant purement et simplement le projet de la nouvelle constitution".
De son côté, la secrétaire générale du gouvernement chargée des reformes, Mariam Mahamat Nour, a indiqué à la presse locale, samedi, que le projet de la nouvelle constitution est issu des recommandations du « Forum national inclusif » qui a vu la participation de toutes les couches sociopolitiques du pays.
Par conséquent, il reflète, selon elle, la volonté du peuple d’amorcer la quatrième République.
«Le projet de la nouvelle constitution a été déposé à l’Assemblée nationale conformément aux procédures et aux lois en vigueur dans notre pays. L’opposition veut induire en erreur la population avec des déclarations fantaisistes dénuées de tout fondement politique et juridique», a-t-elle indiqué.
Pour rappel, le projet de la nouvelle constitution a été élaboré à la suite d'un "Forum de dialogue inclusif", tenu début avril, mais boycotté par l'opposition. Il a été approuvé en Conseil des ministres le 10 avril et devrait être adopté en plénière le 30 du même mois.
Le nouveau texte comprend 228 articles. Parmi les principales nouveautés, la nouvelle constitution attribue le pouvoir exécutif au président de la République "seul", pendant un mandat de six ans renouvelable une seule fois.
Le nouveau texte institue aussi une justice militaire, composée d'un tribunal militaire et d'une Haute cour militaire.