Lassaad Ben Ahmed
17 Septembre 2020•Mise à jour: 17 Septembre 2020
AA / Peter Kum
Condamné ce jeudi 17 septembre à une peine de cinq ans de prison ferme, par la Tribunal de grande instance de N'Djamena, le Colonel Abdoulaye Ahmat a été extirpé par un groupe de personnes armées, a appris Anadolu de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme.
« Au délibéré de ce jeudi matin, des parents du colonel sont arrivés en masse dans la salle d’audience et ce sont les femmes qui se sont levées pour l'extirper avec des armes de guerre du box des accusés et l'ont emmené vers une destination inconnue », a indiqué à l'agence Anadolu au téléphone le président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH), Max Loalngar.
« Le juge a été outragé parce qu'il aurait été insulté par les membres de la famille du colonel. Un des parents de ce colonel l’a qualifié d’esclave », explique-t-il.
D’après le président de La ligue des droits de l’homme, « ce qui s'est passé au palais de justice est très grave, c'est l'autorité de l'État qui a été défiée ».
La Ligue des droits de l’homme espère que « les autorités tchadiennes vont prendre les choses en main pour que ce colonel puisse réintégrer la maison d'arrêt. S'il n'est pas satisfait de la décision, il dispose des voies de recours. »
Pour rappel, c’est le 14 juillet dernier qu’un incident a dégénéré entre cet officier de l’armée tchadienne et des mécaniciens, entraînant une scène de lynchage et la mort d’un mécanicien à Champs de Fil, un marché automobile du 5ème arrondissement de N’Djamena.
Le colonel Abdoulaye Ahmat a été alors condamné ce jeudi 17 septembre à cinq ans de prison ferme pour avoir tiré à bout portant sur un mécanicien.