Hatem Kattou
30 Juillet 2017•Mise à jour: 30 Juillet 2017
AA/Dakar/Alioune N'Diaye
Les élections législatives sénégalaises ont démarré avec du retard dans de nombreux bureaux de vote du pays, dimanche, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Plus de 6,2 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour élire les 165 députés de la treizième législature depuis l'indépendance du Sénégal en 1960.
Prévue à 8 heures Gmt, l'ouverture de certains bureaux de vote a été retardée de 30 minutes à plusieurs heures, alors même que les électeurs avaient pris d'assaut les bureaux dès 7 heures GMT.
C'est notamment le cas de deux des principaux centres de vote dans le département de Mbour ( région de Thies - à l'Est de Dakar).
"Le vote n'a pas démarré avant 9 heures (GMT) parce que les bulletins de vote n'étaient pas encore arrivés", a indiqué le correspondant local de la radio Sud fm.
Des centres de vote dans le département de Rufisque (région de Dakar) visités par Anadolu ont connu les mêmes couacs. " On attend de commencer le vote parce qu'il y a 5 listes pour lesquelles les bulletins ne sont pas encore arrivés", a indiqué à 9 heures 20 GMT, un membre de la commission électorale nationale autonome (Cena).
Dans le foyer des jeunes de Grand Yoff ( département de Dakar) la même situation a été constatée par le correspondant de la radio Rfm, joint par Anadolu.
A 11 heures GMT, d'autres bureaux de la capitale n'avaient pas démarré le vote pour "des raisons techniques".
D'après plusieurs observateurs, ce contretemps s'explique par les fortes pluies qui se sont abattues durant la nuit de samedi à dimanche sur l'ensemble du territoire, détruisant des bureaux de vote.
Les bureaux de vote fermeront leurs portes à 18H GMT.
Ces élections législatives revêtent un caractère particulier : un nombre record de listes, 47 contre 24 en 2012.
Des changements dans le nombre de sièges, passant de 150 à 165 grâce à une révision constitutionnelle adoptée en mars 2016 et qui permet à la diaspora d'avoir 15 représentants à l'Assemblée.
Sur un total de 165 sièges, 105 y compris les 15 de la diaspora, seront choisis au scrutin majoritaire et 60 à la proportionnelle.
La campagne électorale pour les législatives qui s'est ouverte le 9 juillet dernier a été marquée par de vives tensions dans la capitale Dakar notamment en raison du fait que de nombreux citoyens sénégalais n'avaient pas encore reçu la nouvelle carte d’identité biométrique.
Finalement, le Conseil constitutionnel avait annoncé, dans un communiqué, qu'" à titre exceptionnel, l’électeur n’ayant pu retirer sa carte d’identité Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ndlr) faisant office de carte d’électeur, mais dont l’inscription sur les listes électorales est vérifiée, pourra voter".
Selon les observateurs politiques, ces élections sont un test puisqu'il s'agit de la dernière consultation avant la présidentielle de 2019 et permettra donc de mesurer les forces du camp du président Macky Sall, élu en 2012 face à Abdoulaye Wade.
Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS), dont la figure de proue est l’ancien président Abdoulaye Wade, revenu récemment au Sénégal après quatre ans d'absence, veut quant à lui se positionner avec une majorité pour imposer une "cohabitation", à Macky Sall.
L'autre liste de l'opposition est menée par le maire de Dakar Khalifa Sale en détention depuis mars pour détournement de fonds présumés.
Par ailleurs, une victoire de la coalition de l'opposition conduite par le PDS permettrait à Abdoulaye Wade d'obtenir une amnistie pour son fils et ancien ministre Karim Wade, condamné en 2015 à six ans de prison pour "enrichissement illicite", avant d'être gracié en juin 2016 par le président Sall, soulignent des politologues.