Sénégal : le Magal célébré malgré la Covid-19
- Le Magal prend fin mercredi avec la traditionnelle cérémonie officielle lors de laquelle le khalife de la confrérie délivre son message. Lassaad Ben Ahmed
06 Octobre 2020•Mise à jour: 06 Octobre 2020
SenegalAA / Dakar / Alioune Ndiaye
Des milliers de pèlerins ont célébré, mardi à Touba dans la région de Diourbel (au centre), le Magal commémorant le départ en exil au Gabon du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bambou (1853 - 1927), malgré le contexte de la Covid-19.
L’Etat avait, en fait, laissé à l'appréciation de la confrérie des "Mouride" la latitude de la tenue ou non de cette 126ème édition du grand Magal.
Le khalife Serigne Mountakha Mbacké, petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, a alors opté pour une organisation avec la mise en place de dispositions pour éviter tout risque de propagation de la Covid-19 au Sénégal qui en est à ce jour à 15.141 cas positifs dont 12.936 guéris et 312 décès.
« On a vu à la grande mosquée, point de convergence des milliers de pèlerins, que le port du masque a été systématique, de même que le lavage des mains », a expliqué Lamine Guèye, président de la commission d’alerte et de veille sanitaire du grand Magal.
Des dispositifs de lavage des mains avec de l’eau et du savon ou encore des tubes de gel hydroalcoolique sont mis en place à l’entrée de la grande mosquée et des masques remis gratuitement aux pèlerins par les membres de la "dahira Mouhadimatoul Hidma", chargée du contrôle du respect des mesures barrières à l’intérieur et aux alentours de la grande mosquée.
« Nous avons plus de 5.000 cartons de masques et 250 cartons de gel alcoolisé. Le khalife a donné un ndigueul (consigne) ferme en ce sens et pour l’heure il est très bien respecté », Moussa Mbaye, un membre de "Mouhadimatoul Hidma" posté à l’une des nombreuses entrées de la grande mosquée.
Ces deux dispositions respectées à la lettre en ce lieu, font défaut pour autant dans la périphérie de la ville, malgré les incitations matérialisées par des affiches géantes du khalife qui y apparaît avec un cache-nez en évidence.
« Il est quasi impossible de mettre le masque tout au long de la journée car rien qu’avec la chaleur on étouffe. J’ai même vu des personnes s’évanouir sous l’effet de la bousculade dans les rues », a témoigné à l’agence Anadolu Ibrahima Faye, un pèlerin venu de Dakar.
Les rues sont, en effet, bondées de monde avec les déplacements de pèlerins entre la grande mosquée, la résidence « Khadimou Rassoul », quartier général du Khalife et les nombreuses résidences où les petits fils de Cheikh Ahmadou Bamba reçoivent les fidèles pour des prières.
« Il y a une grande affluence et ça continue. On note de longues queues devant la grande mosquée et les résidences privées. Les gens sont entassés et, donc, impossible de respecter la distanciation physique. Le constat est le même dans les rues », a soutenu, impuissant, le président de la commission d’alerte et de veille sanitaire du grand Magal.
Le Magal prend fin mercredi avec la traditionnelle cérémonie officielle lors de laquelle le khalife de la confrérie délivre son message.