Lassaad Ben Ahmed
25 Janvier 2018•Mise à jour: 25 Janvier 2018
AA / Dakar / Alioune Ndiaye
Un mandat de dépôt a été émis jeudi à l'encontre du commanditaire présumé du massacre du 6 janvier dans la forêt de Bayotte, dans le sud du Sénégal, ayant coûté la vie à quatorze personnes, a appris Anadolu de source officielle.
«L’enquête a permis d’identifier et de garder à vue celui qui aurait planifié toute l’opération et 15 autres personnes supposées avoir pris une part active à l’attaque dans la forêt de Bayotte-est», a annoncé jeudi Alioune Abdoulaye Sylla, procureur de Ziguinchor (région sud).
«Le juge d’instruction les a placés sous mandat de dépôt», a-t-il assuré.
«Association de malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel, assassinat, tentative d’assassinat, détention d’armes sans autorisation administrative, coups et blessures volontaires et vol en réunion», sont les chefs d’inculpations retenues contre ces personnes, dont une information judiciaire a été ouverte à leur encontre.
Même s’il n’a pas nommément incriminé le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) qui avait nié toute implication suite à l’attaque, le procureur est convaincu qu’une faction du mouvement indépendantiste a activement participé à l’attaque.
«L’attaque du 6 janvier 2018 a été planifiée et exécutée par une personne dont nous tairons le nom pour le moment», a poursuivi le procureur qui tenait une conférence de presse sur le dossier.
«La décision a été prise lors d’une réunion et l’opération a été menée par des personnes de la localité avec un renfort d’hommes, sous les ordres d’un lieutenant d’une faction (du MFDC) qui s’est déplacé spécialement pour l’opération», a-t-il expliqué.
«Une partie des armes, munitions et tenues seraient venus des bases d’un camp (du MFDC) et le reste de la logistique était détenu par des personnes habitants la localité», a-t-il indiqué à ce sujet, révélant aussi que toutes les informations recueillies lors de l’enquête convergent vers des personnes de la localité et vers un cantonnement d’une faction.
Le 6 janvier, 14 personnes partis en brousse à la recherche de bois ont été tuées par une bande armée dans la commune de Boutoupa Camaracounda dans la région de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal.
Composée des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Bignona, la Casamance est minée depuis 1982 par une rébellion menée par le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) qui lutte pour l’indépendance de la région sud.
En plus de cette revendication indépendantiste, le mouvement s’oppose à la coupe de bois dans les forêts de la région.