Fatma Bendhaou
25 Mai 2021•Mise à jour: 25 Mai 2021
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
L’Union Européenne (UE) condamne « avec la plus grande fermeté l'arrestation du président du Mali et de son Premier ministre », selon le président français, Emmanuel Macron, qui s’exprimait ce mardi à l’issue d'un Sommet du Conseil européen à Bruxelles.
Le chef de l’Etat affirme être prêt « si la situation n'était pas clarifiée, à prendre des sanctions ciblées ».
« Nous avons condamné avec la plus grande fermeté l'arrestation du président de la Transition, de son Premier ministre et de leurs collaborateurs » a-t-il déclaré, estimant que « ce qui a été conduit par les militaires putschistes est un coup d'État inacceptable, qui appelle notre condamnation immédiate ».
Quelques instant avant la prise de parole du président Macron, son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait fait savoir, depuis l’Assemblée Nationale, que la France demandait une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Si d'aventure il n'y avait pas un retour à l'ordre de la transition, nous prendrions des mesures immédiates de ciblage contre les responsables militaires et politiques qui entravent la transition » avait-il prévenu.
À noter que le Vice-président malien, Assimi Goïta, avait « mis hors de leurs prérogatives », le président Bah N’Daw et son premier ministre Moctar Ouane, selon un communiqué publié mardi et dans lequel il justifiait sa démarche par « la volonté manifeste du président de la Transition et du premier ministre d’aller vers une violation de la charte de transition contrairement au serment prêté ».
« Suite à une crise de plusieurs mois au plan national prenant en compte des grèves et manifestations diverses des acteurs sociaux et politiques, le gouvernement dirigé par Monsieur Moctar Ouane, s’est montré incapable de constituer un interlocuteur fiable, susceptible de mobiliser la confiance des partenaires sociaux » précisait le communiqué.
Assimi Goïta a néanmoins tenu à rassurer le peuple malien et « invite les populations à vaquer librement à leurs occupations et les rassure de l’engagement indéfectible des Forces armées de défense et de sécurité, à préserver l’intérêt supérieur du Peuple malien, conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte de transition ».
« Au demeurant, le vice-président de la Transition tient à préciser que le processus de Transition suit son cours normal et que les élections prévues se tiendront courant 2022 » conclut enfin Assimi Goïta.
Pour rappel, lundi en début de soirée, le président Bah N'Daw, le premier ministre Moctar Ouane et des personnalités civiles et militaires, ont été arrêtées avant d’être conduits à la caserne militaire de Kati située à une quinzaine de kilomètres de la Bamako.
L'arrestation de ces personnalités est intervenue tout juste après l'annonce d'une nouvelle équipe gouvernementale, selon laquelle le général de brigade Souleymane Dacouré remplace le colonel Sadio Camara à la tête du ministère de la Défense et le général de division Mamadou Lamine Diallo remplace le colonel Modibo Koné au ministère de la Sécurité et de la Protection civile.