Nadia Al Chahed
20 Octobre 2016•Mise à jour: 20 Octobre 2016
AA/Kigali/Jean Baptiste Nyabyenda
A Vingt trois ans à peine, Jean Bosco Nzeyimana, Rwandais diplômé en commerce, est à la tête d'une entreprise innovante qui lui a déjà valu de faire le voyage jusqu'aux Etats-Unis où il a rencontré aussi bien le président Barack Obama que Mark Zuckerberg, le fondateur de facebook.
Aujourd'hui, Habona Ltd, l'entreprise de transformation de déchets qu'il a lancée, il y a prés de quatre ans, alors qu'il avait à peine 19 ans, emploie 25 personnes à titre permanent et 50 autres occasionnellement. Elle produit 20 tonnes de briquettes par mois.
Implantée à Nyamagabe dans le Sud du pays, "Habona" qui signifie lumière en Kinyarwanda local, participe amplement au développement local à travers la gestion intelligente des déchets organiques qu'elle transforme en fumier ou en briquettes utilisées pour le chauffage domestique, mais aussi en offrant des emplois durables à la population.
Fait dont les autorités locales sont bien conscientes oeuvrant à optimiser la collaboration avec cette entreprise dont Immaculée Mukargwego, maire adjointe chargée des finances et du développement économique du district de Nyamagabe, dira dans une déclaration à la presse, que "c'est un projet prometteur qui aidera la ville à faire face à la problématique des déchets et de l'hygiène".
C'est dans ce cadre que les deux parties ont conclu un partenariat pour la gestion intégrée des déchets dans le secteur de Gasaka.
Outre le volet environnemental, l'entreprise de Nzeyimana contribue au soutien de la population locale à travers les emplois qu'elle offre, majoritairement occupés par des femmes (70%).
Interrogé par Anadolu sur les motivations qui l'ont poussé à se lancer dans un tel projet, Jean dit qu'il a commencé à y penser en constatant à quel point le charbon manquait dans son village. "Pour s'en procurer, nous sommes obligés de couper des arbres de nos forêts avec tous les effets néfastes que ça génère sur l'environnement", précise-t-il.
Fermement convaincu que la protection de l'environnement est un facteur incontournable pour l'édification d'un développement durable, Jean Bosco s'est vite décidé à lancer son propre projet spécialisé dans la transformation intelligente des déchets domestiques.
Habona Ltd a ainsi vu le jour en 2013 alors qu'il était encore étudiant au Collège of Business and Economics (CBE) du Rwanda. Il ne disposait alors que de 120 dollars mais le manque de moyens ne l'a guère arrêté.
Avant de s'y lancer, il a, toutefois, approfondi ses connaissances en matière de moyens de transformation des déchets biodégradable en combustible et autres fertilisants, en lisant notamment des articles aussi bien sur le web que ceux publiés dans des revues spécialisés, a-t-il précisé.
Ses études universitaires lui ont surtout servi à bien élaborer son plan d'affaires qui lui permis de décrocher un peu plus tard le "Prix africain de l'Innovation" décerné par des ONG locales. Consécration qui lui a permis d'élargir son activité et de recruter du personnel.
Depuis, il a obtenu plusieurs prix. En 2014, il a raflé le "Prix Jeune Innovateur rwandais" et a été parmi les 10 Africains sélectionnés pour participer à une formation spécifique à New Delhi, en Inde. En 2015, Il a été sélectionné pour participer au "Mandela Washington Fellowship Yali".
Mais c'est surtout de sa rencontre avec le président américain Barack Obama et avec le fondateur de facebook, Mark Zuckerberg, que Jean se souviendra.
De cette rencontre faite à l'occasion du Sommet de "Global Entrepreneurship" à l’Université de Stanford en Californie ( juin 2016), il dira qu'elle a été "exceptionnelle" et qu'elle l'a surtout convaincu d'aller de l'avant et de poursuivre ses efforts pour faire de Habona, "une entreprise modèle".
Lorsqu'il parle de ses ambitions futures, Jeans Bosco voit les choses en grand, il aspire notamment à faire passer son chiffre d'affaires de 25 mille dollars actuellement à 800 mille d'ici 5 ans, confie-t-il à Anadolu.
Il ambitionne également d'élargir l'activité de son entreprise sur tout le pays et même au delà dans d'autres contrées d'Afrique de l'Est qu'il "approvisionnera en biogaz et en énergie renouvelable". D'ici là il compte employer quelques dix milles personnes.