Esma Ben Said
16 Octobre 2017•Mise à jour: 16 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La police congolaise a dispersé lundi une marche organisée par la principale coalition de l’opposition pour contester contre le report de l’élection présidentielle initialement prévue pour fin décembre 2017, a appris Anadolu auprès des protestataires.
La marche a été organisée par le "Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement" (opposition) à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu dans l'Est pour "récuser un deuxième report de la présidentielle et avertir le président Joseph Kabila que son échéance approche et qu’il doit partir qu’il y ait ou pas élection ", a déclaré à Anadolu, Jean-Baptiste Kasekwa, porte-parole de cette plateforme.
Partie du centre des affaires de Goma, la marche a été dispersée par la police qui a procédé au jet des gaz lacrymogènes, a ajouté le même responsable politique pour qui la mobilisation sera « forte » dans les prochains jours et qu’aucune « police ou armée ne saura contenir les foules » dans les rues.
Aucun blessé n'a toutefois été enregistré.
La commission électorale nationale indépendante (CENI) a estimé mardi dernier qu’elle aura besoin d’au moins 504 jours après la fin de l’opération de recensement des électeurs (décembre 2017) , pour pouvoir organiser les élections initialement prévues pour décembre 2017.
Cette annonce a provoqué un tôlé au sein de l’opposition.
Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement a affirmé jeudi dernier que par cette déclaration le président Joseph Kabila et le président de la commission électorale (Corneille Nangaa) ont " déclaré la guerre au peuple congolais et se sont de ce fait disqualifiés".
Jadis opposé au report de ce scrutin auquel Joseph Kabila est interdit par la Constitution de se présenter pour un troisième mandat, Tshisekedi s’est déclaré
favorable à une « courte » transition sans le président Joseph Kabila resté au pouvoir au delà de son dernier mandat échu le 19 décembre 2016.
L’ancien premier ministre Samy Badibanga a pou sa part déclaré samedi sur son compte Twitter que ce report est une opération de « répression et de sabotage de la démocratie » en RDC mise en œuvre par la Commission électorale.
Une tripartite ouverte samedi dernier à Kinshasa entre le gouvernement, la Commission électorale et le conseil national de suivi de l’accord (CNSA) devait
permettre d’évaluer le processus électoral avant publication d’un calendrier électoral.