Nadia Chahed
13 Octobre 2018•Mise à jour: 13 Octobre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les forces congolaises ont empêché samedi la tenue d'un meeting de l'opposition à Lubumbashi dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), pour contester le recours aux machines à voter lors des prochaines élections générales prévues le 23 décembre prochain.
Après avoir autorisé, dans un premier temps, ce meeting, la mairie de Lubumbashi a finalement changé d'avis, décidant le report "à une date ultérieure" de la manifestation "pour des raisons d'ordre sécuritaire" et "d'harmonisation", tel que annoncé dans un communiqué, vendredi.
Des policiers ont assiégé, tôt dans la matinée de samedi, la résidence de Gabriel Kyungu, principal leader de l'opposition dans le Sud-est de la RDC, a appris Anadolu auprès du concerné.
Alors que des centaines de partisans de l'opposition affluaient vers le lieu du meeting, la police a tiré des balles réelles et de gaz lacrymogène pour disperser les foules, a constaté un journaliste sur place, joint par Anadolu.
Les forces de l'ordre "ont eu une journée surchargée", a noté dans une déclaration à Anadolu, le général Paulin Kyungu, le chef de la police du Haut-Katanga dont Lubumbashi est la capitale.
"Nous avons dissuadé des partisans qui voulaient créer des troubles dans la ville et quelques politiciens à tenir un meeting qui n'était pas autorisé par les autorités administratives", a-t-il précisé.
La police a également empêché l'ancien premier ministre, Adolphe Muzito, et le candidat à la présidentielle, Martin Fayulu, d'accéder au lieu du meeting, selon la secrétaire générale du mouvement de libération du Congo (MLC), Eve Bazaiba, contactée par Anadolu.
Le meeting de Lubumbashi visait, notamment, à sensibiliser la population locale quant à la nécessité de rejeter les "machines à voter" lors des prochaines élections et de procéder au nettoyage des listes électorales.
Les opposants prévoyaient en outre de "prêcher l'unité de l'opposition et rassurer la base sur la détermination pour les leaders de désigner un candidat commun à la présidentielle", a précisé Gabriel Kyungu Wa Kumwanza.