Mohamed Hedi Abidellaoui
04 Juillet 2017•Mise à jour: 04 Juillet 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo (RDC) s’est assurée, mardi en marge du vingt-neuvième sommet de l’Union Africaine (UA), de la solidarité de certains chefs d’Etat africains, contre les sanctions européennes récemment infligées à huit officiels congolais, a rapporté à Anadolu le chef de la diplomatie congolaise.
"Notre cause a été entendue, à l’unanimité, la conférence des chefs d’Etats de l’Union Africaine a condamné cette pratique des sanctions et demandé aux organisations qui les prennent de les retirer", a déclaré à Anadolu, Leonard She Okitundu, vice-premier ministre et ministre congolais des Affaires étrangères.
Vers la fin du mois de mai, l’Union européenne (UE) avait imposé des sanctions à huit responsables de l'appareil sécuritaire congolais dont trois ministres, et un ex-chef rebelle pour de "graves violations des droits de l'homme".
Ces sanctions qui prévoient, notamment, l'interdiction pour les concernés de pénétrer sur le territoire de l'UE et un gel de leurs avoirs, succédaient à celles décidées le 12 décembre dernier contre sept autres personnalités de l’appareil sécuritaire congolais.
Le soutien de certains dirigeants africains contre ses sanctions est une "victoire diplomatique" pour Kinshasa, a ajouté le diplomate congolais, soulignant que le sommet Union africaine-Union européenne qui se tiendra en novembre à Abidjan (Côte d’Ivoire) servira de belle tribune pour la RDC.
L’organisation européenne avait sanctionné certains proches du président congolais, Joseph Kabila, dans le "non respect du droit", a encore déploré She Okitundu, ajoutant que les décisions y afférentes avaient été prises "à la hâte sans avoir écouté les concernés".
La plupart des sanctionnés étaient ciblés suite à la persistance des violences au Kasaï (Centre), une région embrasée depuis que la police avait tué, le 12 aôut 2016, à Tshimbulu dans la province du Kasaï-central, Kamwina Nsapu [de son vrai nom Jean-Pierre Mpandi], un chef traditionnel influent entré en rébellion contre Kinshasa.
Ces violences toujours en cours et les affrontements opposant les partisans de ce chef traditionnel, la police et l’armée congolaises ont fait plus de 3 300 morts, selon un décompte dévoilé en juin dernier par l’Eglise catholique.