AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Des millions d’élèves congolais ont entamé une nouvelle année scolaire, lundi, en République démocratique du Congo (RDC) sur fond des tensions entre l’Etat et les syndicats des enseignants et une polémique provoquée par l’archevêque de Kinshasa qui entend licencier des écoles primaires catholiques tout enseignant ne partageant pas la foi de l’Eglise.
Dans la matinée, le ministre congolais de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Willy Bakonga, a lancé l’année scolaire, évoquant des «conditions difficiles» engendrées par la pandémie de Covid-19 qui a déjà fait plus de 280 victimes sur plus 10.000 cas au pays.
Pendant ce temps, des syndicats ont déclenché un mouvement de grève pour exiger l’alignement aux listes de paie de plus de 144.000 enseignants travaillant depuis des années sans être matriculés par l’Etat ni être payés.
Pour tenter de faire baisser la tension, le gouvernement a promis de payer quelque 58.000 nouvelles unités des écoles primaires avant fin octobre.
« C’est discriminatoire et irresponsable », a déclaré à l'agence Anadolu Cécile Tshiyombo, la secrétaire générale du syndicat des enseignants du Congo (SYECO), affirmant qu’il y aurait près de 100.000 autres enseignants non payés dans les écoles secondaires.
A quelques jours de la rentrée, l'archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a annoncé son intention d’exclure des écoles catholiques tous les enseignants qui n'appartiennent pas à cette religion.
Le cardinal justifie sa décision par les soucis de « préserver les valeurs et l'image de marque des écoles catholiques où la catéchèse figure au programme ».
Des Organisations de la société civile et les syndicats des enseignements ont dénoncé cette mesure, affirmant qu’elle est « inconstitutionnelle » car le Congo – Kinshasa est un pays laïc.
Les écoles publiques et confessionnelles font face à un engouement sans précèdent des élèves à cause de la gratuité de l’enseignement, une mesure phare du président Felix Tshisekedi depuis son accession au pouvoir en janvier 2019.
Cette mesure reste toutefois fragilisée par le manque d’infrastructures. Pour tenter de faire baisser la tension, le gouvernement promet de payer quelque 58 000 nouvelles unités des écoles primaires avant fin octobre.