Pascal Mulegwa
08 Juin 2023•Mise à jour: 08 Juin 2023
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le service des renseignements militaire congolais a perquisitionné, dans la capitale Kinshasa, la résidence de l’opposant Moïse Katumbi et celle de son principal collaborateur, Salomon Kalonda, accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de préparation d’un coup d’Etat.
Dans la matinée de ce jeudi, des militaires ont d’abord commencé par la résidence de Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle prévue le 20 décembre 2023. L’opposant s’est replié depuis une dizaine de jours dans son fief à Lubumbashi (Sud-est) depuis l’arrestation de son conseiller spécial Salomon Kalonda à l’aéroport de N’djili dans la capitale.
« Ils ont mené une perquisition irrégulière en l’absence du propriétaire ou de ses avocats. Ils n’ont rien trouvé », a déclaré Francis Kalombo, l’un des avocats et porte-paroles de Katumbi.
Les militaires ont ensuite perquisitionné la villa de son conseiller spécial, Salomon Kalonda accusé de détention illégale d'arme à feu et de munitions de guerre, d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à leur devoir et d’atteinte à la sûreté de l'État.
La même opération a été exécutée dans l’une des résidences de Kalonda à Lubumbashi, sa ville d’établissement.
Dans la journée, une dizaine d’organisations non gouvernementales ont publié un communiqué dans lequel elles s'inquiètent de la « volonté manifeste des services de sécurité d'arrêter, sur la base de dossiers montés de toutes pièces, les opposants, les journalistes et les défenseurs des droits humains », à l'approche des élections.
Le secrétaire général du parti de Katumbi, le député Bolengetenge a dénoncé lors d’une conférence de presse à Kinshasa, un « harcèlement politique » orchestré contre Moise Katumbi sur fond d'agissements « innommables » du pouvoir de Félix Tshisekedi.
Après la répression de la marche de l’opposition le 20 mai dernier et l’interdiction d’un rassemblement devant le siège de la centrale électorale, des chancelleries occidentales ont dénoncé dans un communiqué conjoint le durcissement du climat politique à l’approche des élections, notamment la présidentielle à laquelle le président Tshisekedi au pouvoir depuis 2019 s’est déclaré candidat.
L’opposition soupçonne Tshisekedi de préparer une fraude massive et réclame la recomposition de la commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la Cour constitutionnelle, deux institutions clés dans la gestion des résultats des scrutins.