Lassaad Ben Ahmed
15 Mars 2021•Mise à jour: 15 Mars 2021
AA - Kinshasa - Pascal Mulegwa
Les députés et sénateurs de la République démocratique du Congo (RDC) ont regagné l’hémicycle, lundi, sans que le nouveau Premier ministre Jean-Michèl Sama Lukonde ne dévoile son gouvernement initialement attendu avant l’ouverture de la session parlementaire.
Au sénat, le président Modeste Bahati a rappelé au Premier ministre nommé, « l'urgence de la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale afin de se mettre rapidement au travail ».
Selon la presse locale, le Premier ministre a rencontré, samedi et dimanche tard dans la nuit, le président Félix Tshisekedi afin de procéder aux derniers arbitrages avant la sortie imminente du gouvernement, censé être moins pléthorique que celui de Sylvestre Ilunga (65 membres), destitué par l’Assemblée nationale dont la majorité jadis acquise à l’ex - Président Joseph Kabila a basculé en faveur de Tshisekedi.
A l’ouverture de la session, le Président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso a assuré que « les lois qui ont trait à l’organisation des élections, en l’occurrence la loi électorale et la loi organique portant organisation et fonctionnement de la centrale électorale bénéficieront de la priorité dans leur examen ».
Il a, cependant, prévenu que « plus le remplacement des membres de la CENI ( Commission Electorale) traine, plus nous accumulons le retard, eu égard au temps qui court », pour l’organisation des élections générales prévues en 2023, au terme du premier quinquennat de Félix Tshisekedi.
« Nous osons espérer que, cette fois-ci, les chefs des confessions religieuses, dépasseront désormais leur égo et parviendront à désigner, dans le meilleur délai, leur délégué à la CENI parmi les meilleurs et dignes fils et filles du pays », a déclaré le président de la chambre basse du parlement congolais.
« Chacun doit en être conscient et assumer pleinement sa part de responsabilité », a-t-il ajouté.
Il a affirmé que l’Assemblée nationale est « totalement mobilisée » pour formaliser les réformes et tracer la voie à de nouvelles élections alors que les évêques catholiques, l’opposition et des organisations de la société civile ont mis en garde contre toute éventualité de report les élections.
Cette rentrée parlementaire est la première depuis que le camp de l’ex - Président Joseph Kabila qui était majoritaire dans les deux chambres du parlement s’est vu évincé de la tête de toutes les institutions politiques par le camp de Félix Tshisekedi qui a connu l’adhésion de la majorité des figures saillantes de l’opposition et des réfractaires du camp Kabila.
Kabila ne s’est pas exprimé sur le sort de sa coalition devenue minoritaire et qui s’est dit disposée à mener l’opposition au régime de Tshisekedi dont il accuse d’avoir violé gravement la constitution depuis son entrée au pouvoir sur la base d’un deal conclu avec Kabila, mais qui n’a jamais été dévoilé.