Lassaad Ben Ahmed
08 Mai 2019•Mise à jour: 08 Mai 2019
AA / Kinshasa / Butembo / Pascal Mulegwa
Un policier et huit assaillants ont été tués, jeudi matin, lors d'un assaut de miliciens contre la ville de Butembo, au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu de sources officielles locales.
"Avant le lever du soleil, des dizaines de miliciens Mai-Mai ont envahi le centre-ville de Butembo et ont créé la panique, les forces armées et la police les ont repoussés", a déclaré à Anadolu, Slvain Kanyamanda, maire de Butembo dans la province du Nord-Kivu.
Au total, "8 miliciens et un policier ont été tués au cours des affrontements qui ont éclaté", a affirmé à Anadolu, le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans la région.
L'armée a récupéré une arme AK47 et capturé un milicien.
Jusqu'à 11h30'' locales (9h30 GMT), les opérations militaires de ratissage se poursuivaient et les populations étaient interdites de sortir de leurs habitations, selon le maire Kanyamanda.
Ville de plus d'un million d'habitants, Butembo est le principal foyer de l'épidémie d'Ebola qui a déjà fait 1055 morts (selon un dernier bilan arrêté mardi) dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.
Les activités de riposte ont été perturbées ces 4 derniers jours à cause de la violence des groupes armés et de la méfiance de la population contre les équipes médicales, a-t-on constaté.
Les autorités sanitaires ont déclaré, lundi, s'attendre à "une augmentation" des cas de contamination et de décès par la maladie à virus Ebola, à cause de plusieurs jours de ralentissement des activités de riposte à Butembo.
Les miliciens qui ont attaqué la ville n'ont pas été identifiés, dans l'immédiat par l'armée, se limitant à les qualifier des "Mai-Mai ", combattants des groupes armés d'autodéfense ethnique créée durant le premier quinquennat ayant suivi l'indépendance de la RDC en 1960.
Depuis plus de 20 ans, les provinces de l'est de la RDC font face à l'activisme des groupes armés locaux et des rebellions étrangères dont le plus sanglant, à ce jour, est l'Alliance des forces démocratiques alliés (ADF) venue de l'Ouganda voisin.