Lassaad Ben Ahmed
28 Avril 2019•Mise à jour: 29 Avril 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les principaux leaders de l'opposition en République démocratique du Congo (RDC) ont choisi, par un vote, l'ancien gouverneur de l'ex-province du Katanga (sud-est), Moise Katumbi à la présidence tournante de leur plateforme politique, Lamuka.
Réunis du vendredi au samedi dans la banlieue de la capitale belge (Bruxelles), Moïse Katumbi, Freddy Matungulu, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Antipas Mbusa et Martin Fayulu ont converti la coalition électorale Lamuka [réveille- toi, en lingala] en plateforme politique.
La présidence de cette plateforme sera "tournante trimestriellement", a précisé Freddy Matungulu, lisant le compte-rendu de la réunion.
Ancien gouverneur du Katahga et proche de l'ex-président Joseph Kabila avant de basculer dans l'opposition en 2015, le riche homme d'affaires, Moise Katumbi a été désigné président de cette coalition pour trois mois.
"Je suis constant. Je soutiens le combat de la Coalition" a déclaré Katumbi lors du point de presse.
Perdant de la présidentielle du 30 décembre 2018, selon des résultats officiels contestés par l'église catholique et la communauté internationale, Martin Fayulu, qui avait le soutien de tous les leaders de la Coalition, a rappelé qu'il n'est pas "l'opposant de Félix Tshisekedi".
"Nous continuons le combat. Félix Tshisekedi n’a pas été élu par le peuple congolais. Nous ne pouvons pas trahir le peuple. Nous ne sommes pas dans l’opposition contre Félix Tshisekedi. Non ! Je suis le président élu", a déclaré Fayulu.
"Dans la convention que nous avons signée, nous disons que nous continuons notre combat, nous allons défendre notre Constitution parce que nous savons qu’il y a des gens qui veulent la changer en leur faveur", a ajouté l'opposant promettant, avec ses collègues, de "mobiliser le peuple congolais".
Après une tournée euro-américaine, Fayulu regagnera Kinshasa ce dimanche et prévoit de tenir un meeting à la place sainte Thérèse dans une commune populaire de Kinshasa.
Dans sa lutte pour la "vérité des urnes", il a été abandonné par ses pairs, qui ont déjà pris acte de l'investiture de Felix Tshisekedi comme président de la République.
Aux Etats-Unis, en France, en Grande Bretagne et en Belgique, Fayulu a rappelé à plusieurs occasions, qu'il a été élu et que sa victoire lui a été "volée" par Joseph Kabila grâce à un "deal" avec Tshisekedi, proclamé vainqueur à la majorité simple de 38 %.
Appuyé par l'Église catholique et les diplomates, Fayulu continue de revendiquer la victoire à la présidentielle avec 61 %.
La commission électorale nationale indépendante (Ceni) n'a pas publié, jusqu'à présent, les résultats détaillés de chaque circonscription ou province.
Président sans aucune majorité à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les assemblées provinciales, Tshisekedi va gouverner le pays avec la coalition de Joseph Kabila, le front commun pour le Congo (FCC) qui est majoritaire.
Le Premier ministre et la majorité des membres du gouvernement, seront issus de la coalition de Kabila qui contrôle déjà les deux chambres du parlement et la gestion des provinces.
Trois mois après son investiture, Tshisekedi n’a pas encore nommé de Premier ministre.