Lassaad Ben Ahmed
25 Avril 2018•Mise à jour: 26 Avril 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le leader du principal parti d’opposition en RD Congo (RDC), Félix Tshisekedi, s'est montré offensif, mardi, lors d'un meeting autorisé pour la première fois par les autorités depuis septembre 2016, a constaté le correspondant d'Anadolu sur place.
"Cette autorisation n'est pas un cadeau, c'est une conséquence de notre lutte", a lancé Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre prochain.
Devant des milliers de militants de l’opposition et sous encadrement de la police, le successeur du charismatique Etienne Tshisekedi et fondateur du parti UDPS dans les années 90, a rappelé que leurs manifestations et celles de l’Eglise catholique étaient réprimées systématiquement par les autorités.
Le gouverneur de Kinshasa avait annoncé lundi qu'il autorisait ce rassemblement dont la tenue coïncide avec le 28e anniversaire du pluripartisme dans l'ex-Zaïre, devenu RD Congo (RDC) après la chute du dictateur Mobutu en 1997.
Au cœur d’une polémique sur des contacts qu’il entretiendrait avec le camp présidentiel pour une éventuelle nouvelle transition, en échange du poste de premier ministre, Tshisekedi a réitéré n’être ni "preneur ni demandeur".
Il a, par ailleurs, confirmé des négociations avec le pouvoir pour le retour de la dépouille de son père, décédé début février 2017 en Belgique, mais dont la dépouille n’a jamais été rapatriée ni inhumée.
"M’avez-vous entendu parler d'autre chose que des obsèques? Il n'y en a pas d'autres", a-t-il lancé, rejetant une nouvelle fois l’usage de la machine à voter lors des prochaines élections, dont la présidentielle, qui doit marquer le départ plusieurs fois retardé du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Tshisekedi fils n’a, cependant, fait aucune allusion à la candidature unique de l’opposition à la présidentielle. A huit mois de ce scrutin plusieurs fois retardé, l’opposition reste clairement divisée.
Pour rappel, le mandat de l'actuel président Joseph Kabila a pris légalement fin en décembre 2016, mais grâce à une interprétation controversée de la Constitution, il reste au pouvoir jusqu'à l'élection d'un nouveau président.