Nadia Chahed
12 Juin 2020•Mise à jour: 12 Juin 2020
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le Conseil d’Etat de la République démocratique du Congo a réquisitionné, vendredi, la police pour empêcher les députés d’accéder à l’hémicycle afin d’élire le nouveau premier vice-président de l’Assemblée Nationale, a constaté le correspondant d'Anadolu à Kinshasa.
Dans la matinée, des dizaines de policiers ont été déployés autour du palais du peuple abritant les deux chambres du parlement. Camions, jeeps et engins anti-émeutes ont été mis à profit, a constaté Anadolu.
Des centaines de députés ont été empêchés d’accéder à l’hémicycle où ils devaient procéder au vote pour élire un nouveau vice-président après deux jours de campagne électorale.
Dans une demande de "réquisition de la force publique", le parquet général près le conseil d’Etat a rappelé avoir demandé au bureau de l’Assemblée nationale de surseoir à l’élection du nouveau vice président car le sortant, Jean-Marc Kabund qui a été déchu le 25 mai dernier, a introduit un recours auprès du conseil d’Etat, en contestation de la procédure ayant abouti à sa déchéance.
Dans un communiqué publié jeudi, le bureau de l’Assemblée nationale considère que la décision du conseil d’Etat est "inique, irrégulière et inconstitutionnelle".
La chambre basse du parlement congolais considère que la résolution d’élire un nouveau vice-président émane d’une "plénière qui est souveraine et dont les actes ne peuvent faire l’objet d’une décision de justice".
"C’est la première fois qu'on voit un Procureur Général près le Conseil d’Etat faire un coup d’Etat contre le Parlement, alors que l’inviolabilité du Parlement et la séparation des pouvoirs sont consacrés par la Constitution", a déclaré à Anadolu, Lambert Mende, député du camp majoritaire au parlement, le front commun pour le Congo (FCC).
Le vice-président déchu est le président par intérim du parti présidentiel (UDPS). La procédure était suffisamment avancée, le président Félix Tshisekedi, ayant désigné depuis le week-end dernier, Patricia Nseya, pour être candidate à la succession de Kabund.
Sa candidature est la seule qui a été déposée et retenue pour le scrutin qui devait avoir lieu vendredi matin.
Dans ce climat tendu, le président Félix Tshisekedi a reçu vendredi en début d'après-midi, la présidente de l’assemblée nationale, Jeanine Mabunda qui a annoncé, à sa sortie d'audience, le report sine die de l’élection pour des raisons de "stabilité" du fonctionnement des institutions.