Lassaad Ben Ahmed
24 Juin 2020•Mise à jour: 24 Juin 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Des militants du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ont assiégé, mercredi, le siège du parlement de la République démocratique du Congo (RDC) à Kinshasa, où devait se réunir les députés pour débattre d’une loi controversée, consacrant la dépendance totale des procureurs du ministère de la justice, actuellement contrôlé par les partisans de l’ancien président Joseph Kabila.
Scandant des chants hostiles au camp Kabila, majoritaire à l’Assemblée nationale et au Sénat, ces militants ont brûlé des pneus autour de l’enclos du parlement et barricadé les voies d’entrée pour empêcher les députés d'y accéder, a constaté le correspondant de l’Agence Anadolu.
Vers midi, ils ont réussi à pénétrer dans la cour du parlement, passant par la « porte de secours » réservée aux membres des bureaux du Parlement, alors que des dizaines de policiers tentaient de les disperser à coups de gaz lacrymogène.
Le projet de loi a été proposé à l’Assemblée nationale par trois élus du camp Kabila, le front commun pour le Congo (FCC), qui dit apporter des réformes judiciaires.
Mardi, la résidence d’Aubin Minaku, un des initiateurs a été attaquée à Macampagne, un quartier huppé dans le centre de la capitale.
Plusieurs photos et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient que la résidence d'Emmanuel Ramazani, chef du parti de Kabila (NDLR ... le PPRD) et celle de Jean-Marie Kassamba, patron d’une télé pro Kabila, ont été vandalisées.
Des médias locaux ont fait état d’arrestations dans les rangs des manifestants, mais la police ne s’est pas exprimée à ce propos.
Le Syndicat autonome des magistrats du Congo (Synamac) a rejeté, lundi, ces propositions de lois qui visent à « museler le pouvoir judiciaire » en plaçant le ministère public sous la bannière du ministre de la Justice « en violation du principe de la séparation des pouvoirs », selon un communiqué.
Des activistes des droits de l’homme ont dénoncé cette proposition qui, selon l’un d’entre eux, Jean Claude Katende, permettra au camp Kabila de contrôler d’une main de fer l’appareil judiciaire et d’empêcher des éventuelles poursuites contre ses protégés.