Le principal parti historique de l'opposition congolaise repousse son congrès pour soutenir les marches des catholiques contre Kabila le 25 février.
Lassaad Ben Ahmed
12 Février 2018•Mise à jour: 12 Février 2018
Kinshasa
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le parti UDPS, principale formation politique de l'opposition en République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé lundi le report de son congrès "extraordinaire" prévue le 26 et 27 Février, afin de soutenir la marche des catholiques contre le président Joseph Kabila.
Le congrès qui devait avoir lieu à Kinshasa pour élire le successeur du leader historique de l'opposition (Etienne Tshisekedi ) mort en février 2017 en Belgique, est "reporté pour soutenir la marche programmée le 25 Février par le comité laïc de coordination", annonce l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dans un communiqué parvenu à Anadolu.
Le parti a, dans le même communiqué, appelé ses "combattants et combattantes" à répondre "massivement" à cette marche, mais n'a pas annoncé la nouvelle date pour son coûteux congrès de plus de 170.000 dollars.
Samedi dernier, le Comité laïc de coordination (CLC) à l’initiative de deux précédentes marches anti-Kabila, les 31 décembre et 21 janvier, dont le bilan tourne autour d’une dizaine de morts, a appelé les fidèles catholiques et les Congolais en général à des marches, le 25 février, contre la "dictature".
Reconnu par l’épiscopat et Saint-Siège, ce collectif catholique a indiqué avoir lancé ce nouvel appel en réponse à "la persistance de l’arrogance" du pouvoir, mais aussi "son mépris et son insouciance" comme réponse aux deux précédentes marches.
Largement soutenues par l'opposition et les populations, ces marches n'ont jamais été autorisées par les autorités congolaises.
L’Eglise catholique est à couteaux tirés avec le régime du président Joseph Kabila à qui elle exige un engagement solennel de ne pas briguer un troisième mandat après sa deuxième et dernière investiture, qui a pris fin en décembre 2016 sous forte tension dans le pays.
Des élections (présidentielle et législatives) initialement reportées pour fin 2017, sont désormais promises pour le 23 décembre 2018.
En marge d'une rare conférence de presse à Kinshasa en janvier dernier, Kabila avait refusé de déclarer publiquement qu'il ne briguera pas un troisième mandat mais s'est limité à rassurer qu'il respectera la Constitution.