Lassaad Ben Ahmed
11 Septembre 2017•Mise à jour: 11 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’inscription des électeurs au Kasaï-central et au Kasaï, deux provinces théâtres de violences meurtrières dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), va débuter mardi 12 septembre, a annoncé lundi à Anadolu la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
"La première carte d’électeur sera délivrée mardi à Kananga [capitale du Kasaï-central] et je demande à la population d'affluer vers les centres d’inscriptions", a déclaré à Anadolu, Jean-Pierre Kalamba rapporteur de la Ceni, qui attend enregistrer "un peu plus" de trois millions d’électeurs dans ces provinces et dans les territoires de Kamiji et Luilu dans la province de Lomami.
Cette opération lancée dans 24 autres provinces dans lesquelles près de 41 millions d'électeurs ont été inscrits, va durer trois mois, a assuré Kalamba. La Céni, dont des membres ont été tués et des bureaux incendiés dans les violences qui ravagent la région du Kasaï depuis une année, avait décidé en mars dernier de ne pas lancer l'opération d'inscription dans les provinces du Kasaï-central et Kasaï.
Son président Corneille Nangaa avait, au début du mois de juillet dernier, affirmé que les conditions sécuritaires dans cette région ne vont pas permettre l'organisation des élections dont les Législatives et la Présidentielle d'ici fin 2017, comme le prévoit un accord signé le 31 décembre 2016 entre le pouvoir et l'opposition.
Début septembre, le vice-premier ministre congolais en charge de l’intérieur et de la sécurité Ramazani Shadary affirmait à Anadolu que la situation sécuritaire s'était "améliorée" dans le Kasaï, région "complètement sécurisée" et sous "contrôle effectif" des forces de sécurité congolaises.
Mais l’ONU qui a dénoncé des souffrances humaines "à très grande échelle" des populations dans la région, a noté que ce retour à la paix "reste fragile".
Impliquant miliciens et forces de sécurité congolaises confondues, les violences ont fait plus de 3 300 morts d'après un décompte de l'Église catholique. L’ONU a pour sa part noté qu’environ 1,4 million de personnes ont fui leurs foyers dans cette région, et plus de 33 000 Congolais se sont réfugiés dans le Nord de l'Angola.