Nadia Chahed
26 Juin 2020•Mise à jour: 26 Juin 2020
AA/Tunis
"De nombreuses parties de l’est de la RDC continuent d’être déchirées en raison de l'activisme des groupes armés et des conflits intercommunautaires", a déclaré jeudi Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, lors d'un exposé aux membres du Conseil de sécurité.
La situation dans certaines parties de la province de l’Ituri, en particulier, s'est gravement détériorée au cours des derniers mois. Une intensification des attaques contre les civils et les forces de sécurité par des assaillants associés à la communauté Lendu a, à son tour, incité les jeunes des communautés Hema et Alur à créer des groupes d'autodéfense, suscitant la peur d'un nouveau conflit à caractère ethnique., rapporte l'ONU sur son site.
De même, des informations font état d'incursions d'éléments de Forces de défense du Soudan du Sud dans le territoire d'Aru, dans le nord de l'Ituri, ont suscité des préoccupations en ce qui concerne la protection des civils et les déplacements des populations locales, précise la même source.
Dans la province du Nord-Kivu, l’inquiétude porte sur le groupe armé ADF dont les attaques ont entraîné une augmentation du nombre de victimes civiles, précise l'ONU rappelant que le 22 juin, un convoi de la MONUSCO a été pris en embuscade par des éléments présumés des ADF près de la ville de Beni alors qu’il rentrait vers sa base après avoir reconstruit un pont endommagé. Un Casque bleu indonésien a perdu la vie et un autre a été blessé dans cette attaque.
Dans les hauts plateaux de la province du Sud-Kivu, les conflits intercommunautaires en cours ont encore dégénéré, avec la prolifération des milices dans toutes les communautés, ajoute l'ONU.
Des efforts visant à désolidariser les communautés de ces milices et empêcher les acteurs extérieurs de soutenir leurs programmes seront essentiels pour contrer l'escalade de la violence dans la région, a estimé Leila Zerrougui.
L'ONU indique, en outre, que dans le territoire de Nyunzu, situé dans la province du Tanganyika, plus de 100 civils ont été tués dans les conflits intercommunautaires entre Twa et Bantous au cours des derniers mois et les tensions restent élevées dans les régions voisines.
Zerrougui a souligné que les Forces armées de la RDC (FARDC) ont besoin du soutien de l'ONU et "d’une assistance importante et continue pour améliorer leurs capacités logistiques, de formation et opérationnelles".
"La réforme du secteur de la sécurité au profit des forces congolaises doit donc continuer à être une priorité pour le gouvernement et un domaine vital que la Mission et la communauté internationale doivent soutenir", a-t-elle souligné.
"Il y a beaucoup de frustration chez la population, dont la plupart vit dans une situation d'extrême pauvreté et doit survivre avec ce qu'elle gagne au jour le jour", a ajouté Zerrougui, soulignant que la pandémie de Covid-19 n'a fait qu’accentuer leur situation précaire.