Lassaad Ben Ahmed
14 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ONU a appelé mardi Kinshasa à respecter le droit de manifester mercredi dans le "calme" et la "retenue", de la société civile et de l’Opposition contre le calendrier électoral qui prolonge le mandat du président Joseph Kabila jusqu‘à janvier 2019.
"La Mission exhorte, ainsi, les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales, telles que stipulées dans la constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation, et à instruire les forces de défense et de sécurité à respecter les principes de nécessité, proportionnalité et légalité, conformément aux normes internationales", écrit la mission de l’organisation des Nations-Unies en RDC (Monusco), dans un communiqué, dont Anadolu a reçu une copie.
Au lendemain de la publication du calendrier électoral, dimanche dernier, par la Commission électorale, les mouvements de la société civile appuyés par l’opposition avaient appelé à des manifestations "pacifiques" le 15 novembre et, de façon continue à partir du 28 du même mois, pour "bloquer complètement" le pays, "sans discontinuer", jusqu’à la chute "effective" du régime de Joseph Kabila.
"Dans le contexte actuel de transition politique, il est important que toutes les voix puissent s’exprimer dans le calme et de façon pacifique. Conformément à son mandat, la Monusco se réserve le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme", a déclaré Maman Sidikou, chef de la Monusco et Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC.
Ces manifestations sont prévues sur tout le territoire de la RDC, sauf dans la province du Nord-Kivu (Est), où le chef local de la police, le général Placide Nyembo, a prévenu lors d’une parade policière que les forces de l’ordre vont "arrêter tous ceux qui vont tenter de troubler l’ordre public", à l’appel des "inciviques".
Mardi dernier, la France qui a soutenu ce calendrier a appelé au "dialogue et au rejet de tout recours à la violence" liée à la publication de ce calendrier électoral, également soutenue par l’ONU, les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et l’Union Africaine (UA).
Le "Rassemblement" qui est la principale force politique de l’Opposition a, récemment, exigé des élections au plus tard le 30 Juin 2018, précédées d’une transition sans Joseph Kabila, chef d’Etat qui sera "mis à l’écart" dès la fin de l’année 2017, selon Félix Tshisekedi, le chef du Rassemblement.
A l’unisson de la majorité présidentielle, les Etats-Unis ont aussi rejeté l’éventualité d’une transition sans Kabila, jugeant qu’elle était "inconstitutionnelle" en RDC.