Lassaad Ben Ahmed
27 novembre 2017•Mise à jour: 27 novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les évêques de l’Eglise catholique de la République démocratique du Congo (RDC) ont demandé, lundi, au président Joseph Kabila dont le dernier mandat a pris fin depuis décembre 2016, de rassurer les Congolais publiquement qu’il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle, programmée pour le 23 décembre 2018.
"Nous vous exhortons à rassurer l’opinion par une déclaration publique que vous ne serez pas candidat à votre propre succession", a déclaré le secrétaire général de l’épiscopat congolais (Conférence épiscopale nationale du Congo), lisant devant la presse à Kinshasa une déclaration sanctionnant la plénière des évêques.
"Nous sommes convaincus que cela contribuerait à l’apaisement des tensions politiques dans le pays", a-t-il lancé, affirmant que "l’imbroglio politique et la souffrance de la population" qui résulte de la crise politique actuelle "dépasse le seuil du tolérable."
Les évêques se sont déclarés "profondément déçus" de "nous retrouver dans le même contexte de tensions qu’à la fin de l’année 2016", a ajouté l’abbé Nshole, arguant que "le peuple ne tolérera pas que cela se répète en 2018".
Aux dirigeants des partis politiques, les prélats ont demandé de "ne pas chercher le maintien ou l’accès au pouvoir par des coups de force qui risquerait de plonger le pays dans le chaos".
Il ont également appelé la Commission électorale de "rassurer" la population de son "indépendance" et de sa "neutralité".
Très influente dans ce pays, l’Eglise catholique, qui assurait la médiation dans les négociations (pouvoir-opposition) ayant abouti fin 2016 à la signature d’un accord politique prévoyant une Présidentielle à la fin de l'année 2017, avait déjà exigé - à l’unisson de l’opposition - des élections en 2018.
La principale coalition de l’Opposition (Le Rassemblement) et les mouvements citoyens qui misent sur "une transition sans Kabila" dès le 31 décembre de cette année, conteste le calendrier électoral et projette de manifester le 30 Novembre prochain pour exiger le départ du chef de l’Etat congolais.
La semaine dernière, les autorités ont interdit toute manifestation dans la capitale Kinshasa et à Kananga, dans le Centre du pays, mais l’Opposition a maintenu son mot d'ordre.
L’ONU, l’Union européenne, les Etats-Unis et plusieurs chancelleries occidentales se sont dernièrement déclarés "préoccupés" par les restrictions apportées aux libertés d'expression et de réunion en RDC.
Au pouvoir depuis 2001, Kabila dont le dernier mandat a échu le 19 décembre 2016, est resté en fonction en vertu de la Constitution qui l’autorise à rester à la tête du pays jusqu'à l'élection de son successeur, mais ne lui permet pas de solliciter un nouveau quinquennat.