Nadia Chahed
25 Janvier 2018•Mise à jour: 25 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo (RDC) a signifié au Royaume de Belgique sa volonté de fermer "dans un bref délai" le dispositif consulaire européen dit "Maison Schengen" et la "cessation immédiate" des activités de l'Agence belge de développement (Enabel), a appris Anadolu d'une source officielle.
Ces mesures ont été annoncées par le ministère congolais des Affaires étrangères dans une "note verbale" adressée mercredi aux autorités belges et dont Anadolu a reçu copie.
Kinshasa explique dans cette note avoir pris ces décisions en guise de représailles à la décision belge de réaffecter quelques 25 millions d’euros de son aide aux ONG plutôt qu’au gouvernement Congolais.
Hostile au régime de Joseph Kabila depuis quelques années, la Belgique a averti le 10 Janvier courant qu’elle ne pourra conclure un "nouveau programme bilatéral de coopération" avec les autorités congolaises, qu’après l’organisation d’élections crédibles, dont la présidentielle du 23 décembre 2018, à laquelle ne devrait pas se présenter l'actuel président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Créee en 2010 et gérée par la Belgique, la maison Schengen est un centre commun de réception des demandes de visas pour 18 pays de l’Union européenne (UE).
Ancienne colonie belge qui a obtenu son indépendance en 1960, la RDC entretient des relations tendues avec Bruxelles depuis décembre 2016, date à laquelle le dernier ma,ndat constitutionnel de Kabila arrivait à terme sans qu'il quitte le pouvoir.
En Avril 2017, La RDC avait suspendu sa coopération militaire avec la Belgique après que le chef de la diplomatie belge a critiqué la nomination par Kabila d’un cadre transfuge de l’Opposition (Bruno Tshibala) au poste de premier ministre.
Le 30 Novembre dernier, les autorités congolaises avaient boudé l'inauguration de la nouvelle ambassade belge à Kinshasa en présence du chef de la diplomatie belge Didier Reynders.
Dans son communiqué, le ministère congolais des Affaires étrangères, suggère que la Belgique "qui porte une lourde responsabilité historique et morale sur la situation congolaise" aurait "plutôt mieux fait de se racheter" en s’investissant dans une coopération mutuellement avantageuse.