Mohamed Hedi Abidellaoui
07 Juillet 2017•Mise à jour: 07 Juillet 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La police congolaise a annoncé, vendredi, l’intensification de ses opérations à Kinshasa, la capitale, et à travers toutes les provinces de la République démocratique du Congo (RDC) pour récupérer plusieurs milliers de personnes récemment évadées de certaines maisons carcérales du pays, a-t-on appris de source officielle.
"Le commissaire général a instruit au niveau de Kinshasa et de toutes les provinces pour que soient organisées de façon régulière les opérations policières, afin de récupérer tous les évadés de prison et qui sont en train de perturber l'ordre public", a déclaré à Anadolu le porte-parole de la police congolaise, Pierrot Mwanamputu.
Dans le cadre de cette opération, il sera procédé à « des rondes et des patrouilles pédestres et motorisées ». Il y aura aussi des check-points, des ratissages et des bouclages ciblés".
Qualifiant la collaboration de la population d’ « insuffisante », la police a averti que sa présence sera "remarquable dans tous les points chauds" de Kinshasa et de toutes les villes où se sont évadés les prisonniers.
Depuis près de deux mois, les prisons, les commissariats de police et les maisons carcérales sont la cible d’attaques armées, occasionnant des évasions massives.
Le 17 mai dernier, plus de 4000 prisonniers et détenus s’étaient évadés de la prison de Makala à Kinshasa, après une attaque armée, menée par les adeptes du chef d’un mouvement politico-religieux. Plusieurs dizaines de détenus s’étaient également échappés, 48 heures après, d’une prison située à 40 km au sud-ouest de Kinshasa.
Dans l’est du pays, plus de 930 prisonniers s’étaient évadés de la prison de Kangabayi à Beni, à l’issue d’une attaque d’hommes lourdement armés.
Ces évadés de prison "sont sortis de leurs tanières et opèrent de jour comme de nuit, créant un climat d’insécurité", a ajouté Pierrot Mwanamputu.
Les évasions massives sont intervenues pendant que la RDC est minée depuis plusieurs mois par une sérieuse crise politique, due au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le dernier mandat constitutionnel a échu le 19 décembre 2016.