Lassaad Ben Ahmed
03 Mai 2021•Mise à jour: 04 Mai 2021
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les autorités congolaises et l’Organisation mondiale de la santé ont annoncé, lundi , la fin de la douzième épidémie d’Ebola qui a touché une région de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis février dernier, faisant officiellement 6 morts.
« Le risque élevé de résurgence des épidémies reste permanent et doit servir de signal galant pour que les systèmes de surveillance épidémiologique soient renforcés. Ainsi, nous recommandons aux autorités sanitaires locales de continuer à maintenir les mécanismes d’alerte et de surveillance à base communautaire afin de rester vigilant pendant toute la période de l’après épidémie de la maladie à virus Ebola », a déclaré le ministre de la santé, Jacques Mbungani, lors d’un point de presse à Kinshasa.
Déclarée dans la ville de Butembo, dont la population est estimée à plus d’un million d’habitants, cette épidémie qui a réapparu en février est survenue neuf mois après la fin d'une précédente épidémie Ebola dans la même province.
Onze cas confirmés et un cas probable, six décès et six guérisons ont été enregistrés dans quatre zones de santé du Nord-Kivu, a annoncé le ministre de la Santé, s'agissant du bilan.
Les résultats du séquençage génomique effectué par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) du pays avaient révélé que le premier cas d’Ebola détecté lors de l’épidémie était lié à la dixième épidémie.
La source de l’infection n’a toutefois pas encore été déterminée. « Il faut saluer les personnel de santé local et les autorités nationales pour leur réponse rapide, leur ténacité, leur expérience et leur travail acharné qui ont permis de maîtriser cette flambée », a déclaré dans un communiqué parvenu à l'Agence Anadolu, Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.
« Bien que l'épidémie soit terminée, nous devons rester attentifs à une éventuelle résurgence tout en faisant appel à l'expertise croissante en matière d'intervention d'urgence pour faire face aux autres menaces sanitaires auxquelles le pays est confronté», a-t-elle ajouté.
L'Organisation comptait près de 60 experts sur le terrain pour la riposte. Près de 2 000 personnes à haut risque, dont plus de 500 agents de première ligne ont été vaccinées dans le cadre de cette épidémie, selon l’OMS.
L’agence des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a noté dans un autre communiqué que la réaction rapide « a évité le risque de nombreux autres cas et décès ».
Mais la riposte a été entravée par l'insécurité causée par des groupes armés et des troubles sociaux qui ont parfois limité la mobilité des intervenants.
La RDC est pratiquement le foyer historique d’Ebola.
La précédente épidémie dans le pays avait fait officiellement 55 morts pour 130 contaminations. Déclarée le 1er juin 2020 dans la province de l’Equateur où le virus avait été découvert en 1976, l’épidémie avait pris fin le 18 novembre 2020.
La onzième épidémie, déclarée le 1er août 2018, avait fait plus de 2 287 morts, devenant la plus grave dans l’histoire du pays.