Nadia Chahed
08 Août 2019•Mise à jour: 08 Août 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La justice militaire congolaise a annoncé mercredi avoir interpellé trois médecins congolais accusés d'avoir commandité le meurtre, en avril dernier, de l'épidémiologiste camerounais de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Butembo dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Ces médecins qui travaillaient également au sein des équipes de riposte contre l'épidémie à virus Ebola dans la province du Nord-Kivu "sont inculpés pour terrorisme, association de malfaiteurs et meurtre", a déclaré à Anadolu le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Kumbu, procureur militaire de Butembo, deuxième ville du Nord-Kivu.
Le procureur a, en outre, indiqué rechercher un autre médecin "qui se trouve actuellement à l'étranger" et qui avec les trois en détention "avaient organisé en date du 14 avril" une réunion pour "planifier l'assassinat" du docteur camerounais Richard Manzouko.
Quarante-neuf autres personnes dont une femme ont été interpellés et auditionnés dans le cadre de ce meurtre et "seront poursuivis les uns pour assassinat, d'autres pour assistance aux malfrats et rétention", selon le colonel Kumbu.
Ils "sont passés aux aveux" quelques heures après leur arrestation, a-t-il ajouté. La majorité de détenus sont poursuivis pour avoir pris part à plusieurs attaques ayant visé plusieurs centres de traitement d'Ebola.
Dans une lettre adressée au maire de Butembo, mercredi et dont Anadolu dispose d'une copie, l'ordre national des médecins ( antenne de Butembo) a fait part de son "indignation" quant à ces arrestations, estimant que l"'absence de ces médecins "nuit au système de santé" de la région.
La corporation a, par ailleurs, exigé leur "libération provisoire" dans les 48 heures, sans quoi, elle menace de "déclencher une grève générale".
"Aucun d'eux n'obtiendra cette libération, ce sont des médecins dangereux et haineux. Ils ne seront pas relâchés même s'il y a des pressions", a répliqué le procureur militaire, joint par Anadolu.
Les agents de santé ont fait l'objet de plusieurs attaques armées dans les villes de Butembo et Beni, deux villes frappées par une épidémie d'Ebola depuis une année qui a fait, à ce jour, plus de 1850 morts.
Depuis le début de l'épidémie, trois agents de santé ont déjà été tués lors d'attaques de leurs lieux de travail par des hommes armés, selon les autorités sanitaires congolaises.