Lassaad Ben Ahmed
10 Mai 2018•Mise à jour: 10 Mai 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le risque de propagation de l’épidémie d'Ebola, officiellement déclarée mardi à Bikoro dans le Nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) est "très faible", a affirmé jeudi, Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
"Le risque de propagation de cette épidémie est très faible. Nous avons en face de nous, une épidémie qui frappe une région éloignée et enclavée, située à plus de 200 kilomètres de Mbandaka, la capitale de la province de l'Equateur", a déclaré à Anadolu le professeur Jean-Jacques Muyembe.
"Il est difficile, voire impossible, qu’un patient puisse quitter cette zone et se déplace vers un centre urbain", a ajouté l’expert affirmant que cette épidémie est un "feu de paille". "Nous la maîtriserons rapidement", a-t-il rassuré.
De son côté, le gouvernement du Nigeria a mis en place un programme d'urgence de surveillance de toutes les activités terrestres et aériennes aux frontières, mercredi pour "s’assurer que les Nigérians soient en sécurité", selon un compte-rendu du conseil des ministres tenu à Abuja.
Ebola a été confirmé chez deux personnes dans la région de Bikoro, une zone sur les rives du lac Tumba.
Ces cas ont été confirmés après que dix-sept personnes sont mortes d’une fièvre hémorragique dans la région, au cours des cinq dernières semaines, selon le ministère congolais de la Santé publique.
Les autorités congolaises et leurs partenaires se sont réunis mercredi après-midi à Kinshasa pour organiser la réponse face à la nouvelle épidémie.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a débloqué, mardi soir, 1 million de dollars pour financer les activités d'intervention et "d'enrayer" la propagation du virus Ebola dans les provinces et les pays voisins.
L’ONG Internationale Médecins sans frontières (MSF) a affirmé dans un communiqué avoir déployé depuis samedi une équipe de médecins "pour mettre en place une réponse rapide et adaptée afin de faire face à cette urgence".
Hautement contagieuse via animaux sauvages, par contact direct avec le sang, les liquides biologiques (sueur, salive, excréments…) des personnes infectées durant la maladie ou même durant les rites mortuaires, Ebola provoque une hémorragie mortelle si elle n’est pas traitée à temps.
La RDC en est pratiquement à sa neuvième résurgence de l’épidémie Ebola depuis 1976.
La dernière épidémie en date a été enregistrée dans le pays en mai 2017 à Aketi, une zone isolée de la province du Bas-Uélé dans le Nord-est du pays où elle avait officiellement fait 4 morts.
Ebola qui constitue une urgence de santé publique de portée internationale tient son nom d’une rivière qui passe près du village de Yambuku dans le Nord - ouest de la RDC, où furent identifiés les premiers cas de cette épidémie en 1976.