Lassaad Ben Ahmed
18 Octobre 2018•Mise à jour: 19 Octobre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que l'épidémie à virus Ebola, qui sévit dans deux provinces de l'est de la République démocratique du Congo, Nord-Kivu et Ituri, était "très préoccupante", mais ne constituait pas une "urgence de portée internationale" pour le moment.
Réunis à Genève, mercredi, les membres et experts du Comité d’urgence pour le règlement sanitaire international ont unanimement soutenu que l'épidémie d'Ebola qui a déjà fait 142 morts présentent un "faible" risque de propagation internationale, a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom, lors d'une conférence de presse.
Le risque de propagation nationale et sous régionale est "très élevé", a déclaré Adhanom affirmant qu'avec les mécanismes de riposte en place, l'épidémie déclarée depuis le 1er août peut être "contrôlée" cette année.
L’OMS continue de déconseiller d’instaurer toute restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec la RDC.
Dans un communiqué publié mercredi soir, le ministre congolais de la Santé, Oly Ilunga, a endossé ces conclusions onusiennes, notant que cette épidémie présente de "nombreux risques et défis identifiés dès le départ".
Le ministère de la Santé "prend bonne note des recommandations du Comité et les intégrera dans le nouveau plan de riposte", souligne le communiqué.
Menacée par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) qui s'attaquent aux positions militaires et aux populations civiles, la ville de Beni dans la province du Nord-Kivu est devenue, depuis début octobre, l'épicentre de cette dixième épidémie d'Ebola.
Depuis deux semaines, les équipes de riposte font face à une "deuxième vague" de l'épidémie; officiellement à cause de la résistance communautaire à la riposte, des journées déclarées villes mortes, l'insécurité et de la faible collaboration des tradi-praticiens dans les activités de riposte.
A elle seule, Beni qui compte plus de 300 000 habitants, a déjà enregistré 58 décès sur les 142 recensés jusqu’à ce jour, d'après un dernier décompte officiel arrêté le 16 octobre.
Le plan de riposte est "constamment évalué et ajusté pour répondre efficacement et rapidement aux défis liés à l’instabilité de la région", indique le ministère.
L'épidémie était déclarée le 1er août à Mangina, une bourgade située à une trentaine de Kilomètres de Beni.
Elle s'est ensuite propagée dans les localités et villes de Beni, Oicha, Butembo, Masereka, Kalunguta, Mabalako, Musienene dans la province du Nord-kivu et celles de Mandima, Tchomia et Komanda dans l'Ituri aux portes de l'Ouganda.
Dans les pays voisins, aucun cas n’a été déclaré jusqu’à présent.