AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Au moins 45 civils ont été tués dans une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le village de Bafwakoa, en territoire de Mambasa, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a indiqué l’armée congolaise.
Selon les Forces armées de la RDC (FARDC), l’attaque s’est produite dans la nuit de mercredi à jeudi sur la route nationale numéro 4 (RN4), axe reliant Kisangani à l’Ituri. L’armée fait également état de plusieurs habitations incendiées ainsi que d’un camion détruit lors de l’incursion.
Des sources locales évoquent un bilan plus lourd et décrivent une scène de massacre.
« Des civils ont été tués à la machette et par balles, plusieurs corps gisent encore sur la route et dans les décombres des maisons incendiées », a déclaré Me Jospin Paluku Mbow, de la Nouvelle société civile congolaise à Mambasa.
Selon ces témoignages, plus de 60% du village aurait été incendié et des motos ainsi que des véhicules réduits en cendres.
L’attaque aurait eu lieu vers 20h locales dans cette localité située à environ 148 km de Mambasa-centre.
Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à Daechsous l’appellation ADF/ISCAP, sont régulièrement accusés de massacres de civils dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le mouvement terroriste revendique l’essentiel de ces attaques.
Cette attaque marque une extension préoccupante des violences vers la province voisine de la Tshopo (Nord - est), où le groupe n’était jusque-là que très peu actif.
La veille de l’attaque, les ADF ont également tenté de reprendre le contrôle de la cité minière de Muchacha, non loin de la zone du massacre, avant d’être repoussés par les FARDC appuyées par des groupes armés locaux dits « Wazalendo », déployés récemment pour sécuriser ce site aurifère exploité par une entreprise chinoise.
Face à la recrudescence des violences, des acteurs de la société civile appellent les autorités à renforcer la protection des populations civiles dans cette zone stratégique de l’est du pays.