Lassaad Ben Ahmed
08 Juin 2021•Mise à jour: 08 Juin 2021
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Cinq civils et deux « assaillants » ont été tués, lundi, à Boga, un village de la province de l’Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de sources sécuritaires.
Les assaillants appartenant aux Forces démocratiques alliés (ADF) « ont tué 5 civils et incendié un hôpital protestant » pendant la journée, a indiqué dans une déclaration à l’Agence Anadolu, le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des forces armées de la RDC (FARDC) en Ituri.
Deux parmi les assaillants ont été « neutralisés » et leurs armes récupérées, a-t-il ajouté. Boga est le village où 55 civils ont récemment été tués par des ADF, provoquant l’émoi dans l’opinion nationale et internationale.
L’attaque de lundi a contraint au déplacement les rares habitants qui restaient encore dans le village après les massacres d’il y a une semaine. Au moins 30 déplacés faisaient partie des victimes après l’assaut contre leur campement.
La population s’était ruée vers l'Ouganda voisin, pendant que d’autres habitants s’étaient entassées au bord de la rivière Semuliki et une infirme minorité avait déferlé jusqu’au chef-lieu de la province de l’Ituri, à Bunia.
La province est pourtant sous état de siège entrée en vigueur depuis début mai. En Ituri, province riche en or et en pétrole, l’armée congolaise fait face à deux grands groupes armés sanglants.
En plus de la CODECO ( Coopérative pour le développement du Congo) accusé d’une vague de massacres visant essentiellement des membres des communautés Hema et Alur, les forces gouvernementales et les Casques bleus de l’ONU font face aux Forces démocratiques alliés (ADF), groupe armé d’origine ougandaise et auteur d’innombrables massacres dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu voisin.
L’état de siège décrété par Tshisekedi a consacré le remplacement des autorités civiles par des militaires et policiers. Certains promus sont critiqués pour avoir eux-mêmes été d’anciens rebelles dans la région avant d’intégrer les rangs de l’armée réglementaire.
Après le massacre des civils, le lieutenant-general Johnny Luboya nommé gouverneur militaire de l’Ituri, avait dénoncé des exactions qui visaient à « humilier » l’armée congolaise.