RDC : 26 mandats d'arrêt contre des responsables de la rébellion ougandaise
Esma Ben Said
16 Février 2018•Mise à jour: 16 Février 2018
Kinshasa
AA / Goma / Fiston Mahamba
Un parquet militaire congolais a annoncé, vendredi, avoir lancé des mandats d'arrêt contre vingt-six responsables présumés de la rébellion ougandaise des forces démocratiques alliées (ADF) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a appris Anadolu de source militaire.
"L’auditorat (parquet) militaire supérieur a lancé des mandats d'arrêt en charge de responsables de cette rébellion en cavale afin qu'ils purgent leurs peines", a déclaré à Anadolu le major Ngoma Kumbo, procureur militaire près de l'auditorat du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique Congo (RDC).
Ces mandats congolais ont été émis après la clôture du procès mené par la cour militaire du Nord-Kivu contre les rebelles ADF et leurs alliés en janvier dernier.
Une centaine de condamnations à de lourdes peines allant jusqu’à la "peine de mort" avait été prononcées contre les membres de l’ADF et leurs collaborateurs.
Les 26 responsables rebelles recherchés sont de nationalité Congolaise, Ougandaise, Kenyane, Tanzanienne et Rwandaise, notamment soupçonnés dans les massacres de civils depuis 2014 et les attaques contre les bases de l'ONU ayant causé la mort de plusieurs casques bleus, selon la même source.
Certains de ces chefs rebelles recherchés par Kinshasa sont aux arrêts à l’étranger, comme leur leader Jamil Mukulu arrêté en Tanzanie en 2015. Il avait été extradé en Ouganda où il est détenu pour des crimes commis en Ouganda.
La RDC avait réclamé qu’il soit également poursuivi pour des crimes commis par son mouvement rebelle (ADF) sur le territoire congolais.
Entre 2014 et 2016, un millier de civils congolais avaient été tués dans le territoire de Beni dans une série de massacres attribués par Kinshasa et l’ONU aux ADF.
Lors d’un point de presse mercredi à Beni dans le Nord-Kivu, l’armée congolaise a annoncé avoir détruit le plus grand centre hospitalier où les rebelles ADF soignaient leurs combattants blessés.
Une importante documentation récupérée par l’armée congolaise aurait permis d’identifier les axes de ravitaillement et de commercialisation de produits de plantations agricoles qu'exploitaient les rebelles, selon le colonel Marcel Kaheraya qui animait le point de presse.