Fatma Bendhaou
01 Janvier 2021•Mise à jour: 02 Janvier 2021
AA/ Kinshasa / Pascal Mulegwa
Vingt-cinq civils ont été tués jeudi à Beni dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dans une attaque attribuée par les autorités au groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF).
« Les ADF ont surpris les victimes dans leurs champs le jour du réveillon de nouvel an dans le village de Tingwee, localisé à 12 kilomètres à l'est de la localité d'Eringeti. Au total 25 personnes ont été tuées », a déclaré vendredi à Anadolu, Donat Kibuana, administrateur du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, frontalière notamment avec l’Ouganda.
« Tout ce monde a été tué à la machette. Tous ont été décapités. C’est même difficile d’identifier les victimes. Les assaillants ont rassemblé les victimes à un même endroit. Ils les ont ligotés avant de les décapiter », a précisé à Anadolu, Sabiti Nziamonja, délégué du gouverneur du Nord-kivu à Eringeti.
Les ADF sont à l'origine des rebelles ougandais qui se sont installés dans l'est de la RDC en 1995, fuyant le nouveau régime en Ouganda. Depuis quelques années, leur recrutement s'est élargi à d'autres nationalités jusque dans les rangs des populations congolaises avec qui ils vivent. Leurs attaques sont chroniques dans le territoire de Beni depuis 2014.
Ils n’ont jamais posé des revendications officielles mais sont accusés par Kinshasa et l’ONU d'être responsables des massacres des milliers de civils dans le territoire de Béni, frontalier avec l’Ouganda, depuis 2014.
Selon la société civile, plus de 1300 civils ont été tués en territoire de Beni depuis le 31 octobre 2019, date du lancement des opérations militaires d'envergure contre les leaders et les bases du groupe armé.
En signe de représailles pour dissuader les civils de collaborer avec les militaires, les ADF qui constituent l'un des groupes armés les plus violents parmi la centaine de groupes encore actifs dans l'est de la RDC, en proie à des guerres et des violences depuis 1996, avaient intensifié leurs massacres en zone rurale. Depuis avril 2019, plusieurs de leurs attaques ont été revendiquées par l'organisation terroriste Daech.