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RDC : 15 ans de prison pour 10 prisonniers auteurs de viol sur leurs codétenues

- Au total, 56 prisonnières avaient été victimes du viol collectif qui avait eu lieu en septembre 2020, dans la vétuste prison de Kasapa.

Fatma Bendhaou   | 19.01.2022
RDC : 15 ans de prison pour 10 prisonniers auteurs de viol sur leurs codétenues

Kinshasa


AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

La justice congolaise a condamné, mercredi, une dizaine d’hommes à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison ferme pour le viol collectif d’une cinquantaine de leurs codétenues de la prison de Kasapa dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Poursuivis pour incendie criminel, tentative d’évasion et viol, dix détenus ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Lubumbashi à 15 ans de prison ferme chacun et au versement de 5000 USD de dommages à leurs victimes codétenues. Le procureur avait requis 20 ans de prison et 400 dollars d’amende.

Au total, 56 codétenues avaient été victimes des viols qui avaient eu lieu les 25, 26 et 27 septembre 2020 dans la vétuste prison de Kasapa, selon le parquet.

Seize victimes purgent encore leurs peines dans cette maison carcérale, tandis que 4 autres ont été transférées à la prison de Likasi. 36 avaient été libérées après le viol.

Parmi les prisonniers accusés de ces viols, trois sont morts en prison, avait indiqué le procureur. Les avocats des victimes ont annoncé interjeter appel contre la « modicité » des dommages. Les avocats réclamaient 1 million USD en faveur de chacune de leurs clientes.

Les viols collectifs sur des femmes détenues de la prison de Kasapa ont eu lieu lors d'un soulèvement des prisonniers et leur tentative d’évasion.

Un groupe de détenus placés en cellule disciplinaire avaient maîtrisé leur unique garde.
D’après une enquête de l’organisation internationale Human Right Watch (HRW), le groupe de détenus rejoint par d’autres avaient pillé le local technique pour s'armer de machettes, pelles et houes. Ils avaient ensuite incendié le bâtiment administratif, les quartiers des femmes, la clinique et le dépôt de nourriture. Les gardiens non armés s’étaient enfuis ; laissant le chaos pendant trois jours. Sur les 56 prisonnières, 38 ont témoigné devant le tribunal avoir été violées à maintes reprises, parfois par plusieurs prisonniers à tour de rôle.

Ce procès s’est tenu dans des conditions de précarités dans la cour de la prison. À l’ouverture le 28 octobre 2021, le parquet avait affirmé manquer de moyens pour transporter les inculpés délocalisés.

Les audiences avaient repris un mois plus tard grâce aux cotisations des femmes de la société civiles. Elles avaient réuni 450 dollars au parquet pour l’acheminement au tribunal de ces détenus violeurs.

Les prisons congolaises souvent surpeuplées sont vétustes, la majorité datant de la colonisation. Dans l’immense République démocratique du Congo, l’évolution démographique n’a pas été suivie par les infrastructures de base.

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