Mohamed Hedi Abidellaoui
27 Juin 2017•Mise à jour: 27 Juin 2017
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
Les festivités marquant la fin du mois de Ramadan ont tourné au drame à Mboki, dans l’extrême Sud-est de la RCA, où il y a eu mort d'homme.
Selon le préfet du Haut Mbomou, Ghislain Dieubéni Kolengo, tout serait parti d’une scène de manifestation de joie, concoctée par la communauté musulmane de la localité. « Les faits se sont produits le
dimanche, jour de l’Aïd-El-Fitr ( Fête de la fin du mois du jeûne). Les jeunes musulmans dans leur liesse se sont mis à tirer en l’air. Le spectacle a été persistant au point de plonger toute la population dans la panique », a-t-il expliqué.
Les éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) déployés dans la localité ont donc interpelé les meneurs à leur base, histoire de les rappeler à l’ordre. De sévères remontrances qui ont été mal prises par les manifestants. Ainsi, l’un d’eux tire à bout portant, atteignant mortellement deux soldats et deux civils », a témoigné le préfet du Haut Mbomou.
Le conseil des sages et le comité de paix de la localité se sont réunis d’urgence sous l’autorité du préfet pour tenter de désamorcer toute velléité de représailles intercommunautaires.
Depuis l’annonce du retrait du contingent ougandais et de la force spéciale des Etats-Unis, déployés dans le Haut Mbomou pour traquer le seigneur de guerre ougandais de la l'Armée de résitance du Seigneur "LRA", Joseph Kony, le gouvernement centrafricain a déployé les FACA pour assurer la protection de la population civile.
Après une certaine accalmie ayant permis l'organisation d'élections générales, la République centrafricaine semble renouer avec les violences mortelles, déclenchées il y a plus de quatre ans, en raison d'un blocage politique et d'un conflit inter-communautaire, déclenché à la suite d'un coup d'Etat en 2013.
D’ailleurs, des violences ayant éclaté en mai écoulé dans les localités de Bria, d'Alindao, de Bangassou et de Mobaye (à l'Est de Bangui) ont fait environ 300 morts et 200 blessés.
Les élections générales organisées en décembre 2015- mars 2016 ont doté ce pays de nouvelles institutions mais n'ont pas pu empêcher la résurgence de violences sporadiques.