Nadia Chahed
21 Novembre 2018•Mise à jour: 21 Novembre 2018
AA/Tunis
La première comparution d'Alfred Yekatom ( ex chef de guerre anti-balaka-ndlr) devant la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale (CPI) aura lieu le vendredi 23 novembre 2018, a annoncé la Cour sur son site.
Yekatom a été remis à la CPI le 17 novembre 2018 en exécution d'un mandat d'arrêt délivré le 11 novembre 2018 pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui auraient été commis dans l'ouest de la RCA entre décembre 2013 et décembre 2014, rappelle la CPI dans un communiqué publié sur son site.
La Chambre préliminaire II est convaincue qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'un conflit armé ne présentant pas un caractère international était en cours sur le territoire de la RCA, entre au moins septembre 2013 et au moins décembre 2014, entre la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans) et les anti-Balaka (un contre-mouvement à la Séléka à prédominance chrétienne), précise la même source.
La Chambre a également conclu qu'il y a des motifs raisonnables de croire que, de septembre 2013 au moins jusqu'en décembre 2014 au moins, une attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-Balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka, souligne la CPI.
Et d'ajouter que "Yekatom aurait commandé un groupe d'environ 3 000 membres au sein du mouvement anti-Balaka" . Il serait, également, responsable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans différents endroits en RCA, notamment à Bangui et dans la préfecture de Lobaye, entre le 5 décembre 2013 et août 2014, selon la même source.
La CPI précise, en outre, qu'au cours de l'audience de première comparution, la Chambre vérifiera l'identité du suspect et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. Le suspect sera informé des charges portées à son encontre.
Elu député lors des législatives de février 2016, Alfred Yekatom, dit "Rambo" , avait été arrêté le 29 octobre après avoir tiré deux coups de feu en pleine Assemblée nationale, pour manifester son mécontentement après l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale, Laurent Ngon-Baba, en remplacement de Karim Meckassoua, destitué.