Nadia Chahed
11 Février 2021•Mise à jour: 11 Février 2021
KAMPALA, Ouganda
Des centaines d'enlèvements dans les rangs de l'opposition ont été signalés en Ouganda depuis la présidentielle du 14 janvier dernier.
Des éléments des forces de défense en civil seraient à l'origine d'enlèvements nocturnes, qui ont visé des membres de la plateforme de l'unité nationale (NUP), le parti du chef de l'opposition Robert Kyagulanyi, populairement connu sous le nom de Bobi Wine, selon des proches et des dirigeants du NUP.
Bobi Wine a perdu les élections le 14 janvier face au président sortant Yoweri Museveni, selon les résultats officiels par ailleurs contestés par Wine.
Les autorités de ce pays d'Afrique de l'Est soutiennent que le gouvernement n'a jusqu'à présent arrêté que 31 membres du NUP soupçonnés de planifier une rébellion.
Le ministre de l'Intérieur, le général Jeje Odongo, a déclaré au parlement jeudi dernier qu'il n'avait connaissance que de 31 personnes arrêtées qui font l'objet d'une enquête policière pour terrorisme.
Le porte-parole de la police, Fred Enanga, a déclaré mardi: "Toutes les personnes arrêtées feront l'objet d'une enquête et celles impliquées dans des affaires seront inculpées devant les tribunaux".
Des proches des personnes kidnappées affirment que les personnes arrêtées sont sévèrement battues avant d'être placées dans des véhicules sans plaque d'immatriculation et emmenées dans des lieux inconnus. Ils ont déclaré à l'agence Anadolu qu'ils n'avaient pas réussi à retracer les lieux de détention des membres de leur famille.
S'adressant aux membres du NUP chez lui à Magere en début de semaine, Bobi Wine a déclaré qu'environ 3000 membres du parti avaient été enlevés.
"Plus de 3 000 de nos partisans ont été enlevés par les agences de sécurité. Nous condamnons ces actes qui violent les droits de l'homme.", a-t-il déploré.