Lassaad Ben Ahmed
17 Septembre 2018•Mise à jour: 18 Septembre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Deux soldats congolais et trois civils ont été tués lors d'affrontements entre l'armée et des miliciens dans trois localités du territoire de Djugu dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l'armée lundi.
"Deux vaillants militaires et trois civils ont été tués, dimanche, lors de ces affrontements survenus après l'attaque surprise de miliciens contre nos positions dans les localités de Tara, Muparamu et Tshongamoya", a déclaré à Anadolu, le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans l'Ituri, province de laquelle relèvent les trois localités attaquées.
Les miliciens "se sont dissimulés dans la population", a ajouté l'officier, sans donner plus de précisions sur leur identité.
"Ils voulaient prendre le contrôle de ces localités et voulaient installer un chaos dans cette région. Tout ce qu'on sait, c'est qu'ils sont manipulés par une main noire", a déclaré le président de la société civile de l'Ituri Jean-Bosco Lalo, joint par Anadolu.
Mais le calme est revenu en début de soirée, dimanche, une fois les miliciens repoussés par l'armée qui "quadrille actuellement les zones attaquées".
Frontalière avec l'Ouganda, cette province riche en or a été déchirée par un différend foncier qui opposait Hema ( éleveurs) et Lendu ( agriculteurs).
Vers les années 2000, le conflit avait dégénéré en massacres entre les deux communautés qui disposaient, chacune, d’une branche armée.
Les combats pour le contrôle de cette province avaient fait plus de 60.000 morts et 600.000 déplacés, selon l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW).
Ils avaient entraîné en 2003, l’intervention robuste de la force européenne Artemis, qui avait mis fin aux attaques.
Les violences ont repris fin 2017. Plus de 80 personnes ont été tuées depuis et une septantaine de villages incendiés, d'après la mission de l’ONU en RDC.
Quelques 300.000 personnes ont fui les affrontements, selon la même source.
Plus de 28.000 Congolais, en majorité des femmes et des enfants, avaient traversé le lac Albert pour se réfugier en Ouganda.