Nadia Chahed
10 Avril 2018•Mise à jour: 10 Avril 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a reçu mardi à Bujumbura, Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés en visite au Burundi, a appris Anadolu d’une source à la Présidence.
Le chef de l'Etat burundais lui a demandé de tout faire pour que le HCR «puisse faciliter le retour des réfugiés se trouvant dans les pays limitrophes du Burundi, surtout au Rwanda», a déclaré à Anadolu Alain Diomède Nzeyimana, porte-parole adjoint de la présidence burundaise.
Nkurunziza a également déclaré au Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés que le gouvernement burundais ne reconnaît pas les chiffres des réfugiés burundais avancés par cette agence de l’ONU.
«Le Haut Commissaire a promis au président burundais qu’un nouveau recensement des réfugiés burundais aura lieu prochainement sur la base des données biométriques», a encore déclaré à Anadolu Alain Diomède Nzeyimana. «Ils ont également échangé sur la situation des réfugiés de la RDC se trouvant au Burundi», a-t-il ajouté.
Avant de se rendre à Bujumbura, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés a visité la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Il est à rappeler que les trois pays de la région des Grands Lacs en Afrique (RDC-Rwanda-Burundi) visités par le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés ont souffert de crises interconnectées pendant plus d'un quart de siècle.
Selon les récentes statistiques de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), le nombre des réfugiés burundais dépassait le seuil de 430.000, le 31 mars.
Avec un effectif de plus de 250 mille personnes, la Tanzanie est le premier pays d’accueil de réfugiés burundais. Elle est suivie par le Rwanda (89 mille), l’Ouganda (40 mille) et la République démocratique du Congo (46 mille).
Depuis plus de deux ans, le Burundi est secoué par une grave crise-politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à l'exil, d'après l'ONU.