AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Plus de soixante-quinze membres du groupe armé extrémiste Boko Haram ont été tués dans une confrontation avec un groupe local de défense civile et des chasseurs qui ont réussi à reprendre le contrôle de la ville de Maiha, dans l’Etat d’Adamawa.
«Nos hommes ont repris le contrôle de Maiha et sont maintenant en route vers la ville de Mubi » a affirmé, jeudi, à l’Agence Anadolu (AA), Jubrin Gunda, porte-parole du Civilian Joint Task Force (CJTF), groupe d’autodéfense local connu pour sa lutte contre le terrorisme.
«Ce n’était pas des soldats qui ont repris le contrôle de la ville, mais des chasseurs locaux et des membres de groupes d’auto-défense. Ils ont tué plus de soixante-quinze insurgés, tandis que de nombreux autres ont été forcés à fuir» a assuré Gunda.
Boko Haram s’était emparé, la semaine dernière, de Maiha, après la chute de la ville de Mubi, ville d’importance située à 25 km de là, créant une panique face au risque de prise par les insurgés de la capitale provinciale de l’Etat d’Adamawa, dans le nord-est du Nigéria.
«Nous avons envoyé, vers Adamawa depuis Maiduguri, soixante de nos garçons pour rejoindre le groupe d’autodéfense et de chasseurs. Ils sont actuellement en route vers Mubi» a expliqué Gunda.
Une chaîne de télévision locale, «African Independent Television», a, par ailleurs rapporté que Mubi avait été libérée par un contingent conjoint de soldats nigérians de membres de groupes d’autodéfense.
Le porte-parole de l’armée, Chris Olukolade, n’a pas souhaité répondre aux questions de l’Agence Anadolu (AA) concernant la prise de Maiha.
Le CJTF a été officiellement présenté, en début de l’année dernière, comme un groupe de jeunes hommes motivés et déterminés à mettre fin au règne de la terreur de Boko Haram.
On leur a attribué depuis plusieurs opérations ayant permis de chasser des insurgés de différentes zones de l’Etat de Borno.
L’homme considéré comme le fondateur du groupe, Adamu Buba, en est maintenant le commandant suprême.
Suite cependant à des accusations d’abus contre le CJTF, le gouvernement de l’Etat du Borno a décidé de réguler les activités du groupe en mettant en place une réglementation concernant l’intégration et l’entrainement des recrues.
Dans une vidéo diffusée le 24 août, le prétendu chef de Boko Haram, Shekau, avait déjà déclaré que son groupe avait formé un «Califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.
Le groupe extrémiste s’est, depuis, emparé de nombreuses villes et villages à travers trois Etats du nord-est du Nigéria, le Borno, Adamawa, et Yobe, les déclarant partie de leur «Califat».
Des centaines de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région.
Les Etats de Borno, Yobe et Adama sont maintenus en état d’urgence depuis mai 2013.
L'organisation, classée «terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du nord-est du Nigéria.